Ile Maurice: Cannabis médical - Ashvin Purmessur, legalize it

16 Février 2020

Il a 38 ans. Et, plâtre au bras, il était aux côtés de l'association Cannabis Legalisation And Informative Movement (CLAIM), pour demander la dépénalisation du cannabis médical, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue durant la semaine. Pourquoi ? Comment ?

Il était paysagiste. Mais c'est un accident de la route qui a chamboulé le cours de sa vie, en une fraction de seconde. En 2005 Ashvin Purmessur a fait une sortie de route, à Belle-Rose. «Mo finn gagn somey enn kout.» Puis, le trou noir. Il s'est réveillé sur un lit d'hôpital. «J'avais plusieurs fractures et des saignements internes et aujourd'hui encore les séquelles sont là. Finn bizin met kat vis dan mo ledo, mo lintestin finn bizin tiré, soudé apré rémété.»

Le trentenaire a passé trois semaines aux soins intensifs, quatre mois en salle, huit mois alité pour enfin pourvoir marcher à l'aide d'une béquille, au bout de neuf mois. «Il a fallu une longue et intense rééducation pour que je sois complètement autonome.»

Le cannabis c'est ce qui le soulage, les anti-inflammatoires n'ayant plus d'effet sur lui, depuis longtemps déjà. «Je suis quelqu'un de fragile. Je me rends régulièrement à La Réunion pour pouvoir me soulager...» Ce que réclame l'habitant de Plaine-des-Papayes ? Plus de tolérance et de compréhension de la part des autorités mauriciennes envers ceux qui souffrent. «Je me suis fait des amis à l'île sœur. Et ils ont le droit d'avoir un 'arbre' chez eux. Pour leur propre consommation. Le cannabis, c'est la seule chose qui puisse me faire me sentir bien. Sinon toul'tan mo res ek douler...»

Pour lui, dépénalisation rime par ailleurs avec «moins de trafic». «Il n'y a qu'à voir le prix d'un gramme (NdlR, Rs 3 300) sur le marché en ce moment. Alor ki gandia li enn zafer natirel.» D'ailleurs, Ashvin a déjà été pris avec un gramme de cannabis à son domicile. «C'était l'année dernière. Il a fallu trois véhicules de police, plus d'une quinzaine de policiers pour perquisitionner mon domicile. Je leur ai toutefois remis ce que j'avais en ma possession sans faire le difficile, en leur expliquant que c'était mon 'médicament'.»

Ashvin Purmessur a tout de même été poursuivi et condamné à payer une amende de Rs 5 000 pour possession de cannabis.

Plus de: L'Express

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