Congo-Kinshasa: OMS-RDC - Renforcement du partenariat pour un système de santé efficace à l'échelle nationale

"L'épidémie doit continuer d'être une urgence de santé publique internationale", avait déclaré le mercredi dernier le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Gebreyesus, à l'issue d'une réunion de spécialistes de la maladie à virus Ebola tenue à Genève, en Suisse.

Il estime que tant qu'il y aura encore un seul cas d'Ebola dans une région dangereuse et instable comme l'est de la RDC, le potentiel existe pour une épidémie bien plus grande. Ce qui explique sa visite à Kinshasa le vendredi 14 février 2020, où il a été reçu par le chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, à la Cité de l'Union africaine. Les deux personnalités ont évoqué la problématique que représente la maladie à virus Ebola désormais au stade final avec, à la clé, seulement quatre cas identifiés depuis la semaine dernière à l'est du pays.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s'inscrit dans une dynamique de renforcement de son partenariat avec la RDC, entend également développer un système de santé efficace à l'échelle nationale en vue d'assurer une couverture sanitaire égalitaire et efficiente à tous les Congolais.

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus qu'accompagnait le ministre congolais de la Santé, a rassuré le président de la République sur l'implication de son organisation dans le processus de renforcement du système sanitaire en RDC. Le chef de l'Etat, lui, s'est dit très engagé dans cette dynamique ayant conduit notamment, à l'élaboration d'un Plan stratégique dont la mise en application fait actuellement partie des engagements prioritaires de l'OMS.

Signalons, par ailleurs, que la RDC et l'OMS ont convenu de développer un système de santé agissant, susceptible d'annihiler toute velléité de manifestation épidémiologique ainsi que toute sorte de bouleversement pouvant subvenir sur le territoire national.

L'insécurité, un handicap à l'éradication de la maladie

Lors de la réunion tenue en Suisse avec les experts internationaux, le Dr Tedros a laissé entendre qu'il espère que le statut d'urgence de santé publique internationale puisse être levé dans trois mois, à l'occasion d'un nouvel avis du comité d'experts internationaux de cette maladie.

La chute récente du nombre de cas jugée extrêmement positive et une révision à la baisse du niveau de la menace n'aura pas réussi à convaincre les experts de cette épidémie mortelle de ne plus la compter comme urgence de santé publique internationale.Cette épidémie en RDC est la plus grave de l'histoire d'Ebola depuis celle ayant touché l'Afrique de l'Ouest, principalement la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, entre fin 2013 et 2016.

Faudra tenir compte du fait que la lutte contre la maladie est régulièrement perturbée par l'insécurité due à des violences armées dans la province de l'Ituri. En novembre 2019, l'OMS avait annoncé avoir retiré quarante-neuf membres de son personnel de la région de Beni, en raison de l'insécurité. La résistance d'une partie des populations (déni de la maladie, refus de la vaccination, de l'hospitalisation des proches contaminés et des enterrements) complique également la tâche des travailleurs humanitaires.

Des progrès toujours pas suffisants

Le président du comité d'experts internationaux de cette maladie, Robert Steffen, a indiqué de son côté que la menace constituée par l'épidémie en RDC et dans la région était passée du niveau « très élevé » à « élevé » en raison des progrès enregistrés, même si l'urgence internationale était maintenue. L'OMS avait adopté cette qualification d'urgence de portée internationale en juillet 2019 pour cette épidémie, une décision régulièrement soumise à un comité de spécialistes. Elle permet à l'OMS de prendre des mesures renforcées en matière de restrictions aux voyages ou de levée de fonds.

L'épidémie d'Ebola s'est déclarée en août 2018 dans la localité de Mangina et sévit dans les régions du Nord-Kivu et de l'Ituri. Environ 2 300 décès ont été enregistrés. Le docteur Tedros s'était déclaré récemment très encouragé par la tendance à la baisse des cas enregistrés au cours des derniers jours, tout en restant prudent sur l'avenir. "Tant que nous n'avons pas de cas pendant quarante-deux jours, ce n'est pas fini", avait-t-il souligné, en référence à la période de sûreté correspondant à deux fois la durée d'incubation.

Plus de: La Prospérité

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