Cameroun: Journées du jeune cinéaste - Caméra braquée sur les violences

La troisième édition de ces rencontres se tiendra du 14 au 16 février prochain à Yaoundé, sous le thème des abus contre les femmes et les enfants.

La Fête de la jeunesse, ce 11 février, offre le prétexte parfait. S'alignant sur cette célébration, l'association CineCamer, organisatrice des Journées du jeune cinéaste (JJC), veut susciter chez les producteurs de films une envie de présenter leur travail à cette tranche de la population, avenir du cinéma camerounais.

La troisième édition des JJC se tiendra à Yaoundé du 14 au 16 février 2020, à la Fondation Muna et au Centre de lecture et d'animation culturelle (CLAC) situé au quartier Mimboman. Créées en 2017, ces Journées ont pour coutume de se baser sur un thème principal pour emmener les cinéastes en herbe à explorer de manière bénéfique le monde dans lequel ils désirent baigner plus tard.

Après l'accent mis sur le marketing digital l'an dernier, cette édition 2020 va s'appliquer à dénoncer les abus contre certaines couches vulnérables de la société. « Violences faites aux femmes et aux enfants : si le cinéma se tait, il laisse faire », est la réflexion principale qui va coiffer ces rencontres.

Ce thème sied bien à la période trouble que traverse le cinéma, avec de nombreuses dénonciations lancées par l'affaire Harvey Weinstein aux Etats-Unis, et qui s'étend à d'autres pays, et même à d'autres domaines.

Ainsi, les différents contenus de la rencontre vont graviter autour de cette thématique. Entre autres, la projection de huit longs et courts métrages africains sur les violences perpétrées contre les femmes et les enfants, à l'instar de « Ne crains rien je t'aime » de Thierry Ntamack, « Ninah's Dowry » de Victor Viyuoh ou « Point de vue » de Frank Thierry Lea Malle. Ces séances seront suivies d'échanges entre les réalisateurs et les spectateurs.

Deux panels constitués de spécialistes du 7e art, des Ong de défense des droits de l'Homme, de journalistes et de psychologues, vont également parcourir le sujet principal. Il est vrai que l'événement de par sa nomination définit sa cible, mais pour les promoteurs du projet, ces Journées visent à emmener les publics camerounais et africains à comprendre, aimer et soutenir les productions locales.

Le grand public, les cinéastes de tous bords, les annonceurs, les organismes nationaux et internationaux sont alors concernés par les différentes articulations des JJC, entre conférences-débats, ateliers de formation, projections de films et activités ludiques.

Cette rencontre instructive est également un plaidoyer en faveur de la vulgarisation de plateformes pouvant permettre aux personnes passionnées de cinéma, de consommer le cinéma camerounais.

Car de manière générale, il est difficile de retrouver des réalisations camerounaises dans des salles de cinéma, les projections se font en privé, ou au cours d'avant-premières ou de Premières sur invitation. Lésant ainsi les cinéphiles friands de 7e art local. Un manquement que les JCC souhaitent combler.

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