Sénégal: Pierre Sané tance les «droits-de-l'hommiste»

17 Février 2020

Les défenseurs des droits de l'homme ne s'attardent pas suffisamment sur certains fléaux qui affectent la jouissance des droits de l'homme : le constat est de l'ancien Secrétaire Général d'Amnesty International Pierre Sané.

Des conditions dans les prisons à la pauvreté en passant par la prolifération des abris provisoires et les violences faites aux filles et aux femmes, l'ancien patron de Amnesty agite quatre problématiques pas suffisamment prises en charge par les « droits de l'hommiste».

«La première situation qui est catastrophique, c'est l'accroissement et l'approfondissement de la pauvreté au Sénégal. 56% de notre population vit dans la pauvreté, c'est indigne d'un régime qui se veut démocratique. La deuxième situation déplorable, c'est la violence faite aux femmes.

Le gouvernement vient de voter une loi pour criminaliser le viol mais le problème, c'est l'application... », déplore M. Sané qui évoque la maltraitance et la surpopulation dans les prisons.

Il estime que les organisations de défense des droits humains ont tendance à se concentrer sur ce qui se passe dans la capitale et sur ce qui se passe dans le jeu politique.

Revenant sur le conflit casamançais, « le droit-de-l'hommiste» avec sa casquette de membre du Groupe de Réflexion pour la Paix en Casamance (GRPC) pose des préalables pour consolider la paix définitive en Casamance. « Lors de l'intensification du conflit armé, il y a eu des actes de violence et de torture.

Quand j'étais à Amnesty International, nous avons documenté des actes de torture, d'exécutions extrajudiciaires aussi bien du côté du MFDC que du côté de l'armée sénégalaise.

Et donc un conflit comme ça ne peut pas se terminer sans une commission vérité et justice qui puisse faire des enquêtes approfondies, identifier des victimes, procéder à des réparations. C'est ça qui conduit à la réconciliation » plaide-t-il.

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