Cameroun: Exécutifs communaux - Les maires que les citoyens attendent

17 Février 2020

Le 09 février 2020 des millions de nos compatriotes ont posé l'acte citoyen, salutaire et nécessaire ; en allant voter pour ou contre des listes en compétition. Acte certes de grande gravité au moment ou certains « petits partis » ont prôné le boycott.

L 'essentiel n'était-il pas que les élections aient lieu ? A temps et en conformité avec la matrice juridique qu'est la constitution. Abstention, faible taux de participation, bien élu ou mal élu, on s'en fout ! Il s'agira le deuxième mardi après la proclamation des résultats de choisir un maire, des maires. Les conseillers municipaux ont la lourde responsabilité de doter les mairies des exécutifs communaux. Acte de gravité exceptionnelle et proportionnelle aux attentes des populations. Quel genre de maires les populations attendent-elles? Quel profil de maire pour accompagner la décentralisation ? Que doit-on attendre de ces maires ? Quel sera le rôle et l'influence du Minddevel dans le choix des Maires, face à la toute Puissance du Comité central RDPC, organe dit-on rompu à la corruption, à la guerre des réseaux, ou au positionnement des poulains? Comme pour dire avec Nyangono du sud que la bataille de positionnement de l'après Biya : « çà déjà » commencé ! That is the question

La probité morale

Tant pour le Minddevel que pour les populations, la probité morale demeure une vertu cardinale dans l'exercice de la fonction de maire. Les élus locaux qui seront désignés pour diriger les municipalités au sortir des municipales du 09 février 2020 devront s'en prémunir. En effet, les malversations financières, la gabegie, les détournements de fonds, le braquage des usagers, le racket, les fausses factures, les faux quittanciers, les quittances parallèles, les incendies, les arriérés de salaire, les salaires fictifs et les autres crimes économiques perpétrés à ciel ouvert ont été décriés contre plusieurs maires sortants. Certains sont allés en prison, d'autres ont failli y aller et certains sont en attente d'une convocation devant les tribunaux. Les dénonciations entendues pendant les investitures, de la part des populations et même des personnels communaux contre plusieurs maires, majoritairement (et malheureusement encore) du Rdpc, ont dévoilé le degré de forfaiture avec laquelle les maires sortants ont géré les mairies au cours de la dernière mandature.

Beaucoup sont candidats pour revenir sur les lieux de leurs crimes. J'espère qu'ils se sont repentis et reviennent comme hommes neufs. Surtout que plusieurs ont été introduits, je veux dire imposés dans les listes grâce à des voies et moyens appartenant aux méthodes avec lesquels ils auront gérés les mairies lors de leurs derniers mandats. On espère que ceux qui postulent pour les premières fois ne le font pas par « l'appât du gain », ayant admiré pendant cinq ans l'enrichissement illicite, scandaleux et sans cause des maires sortants. Que les prochains maires soient des maires nouveaux, ou mieux ancien ayant un esprit nouveau, pouvant changer les choses avec des idées nouvelles et novatrices.

Le service aux populations

Les populations ne veulent plus des maires qui ne se soucient pas de leurs problèmes quotidiens. Des maires qui les enfoncent dans l'insalubrité, les maires qui ne s'occupent pas des voiries urbaines, il convient de rappeler aux prochains, nouveaux et reconduits, que la Mairie n'est pas une sinécure. C'est une lourde tâche. On y arrive pour servir et non pour se servir. Les populations attendent d'être servies par l'élu, l'élu de leurs cœurs.

Il serait très malheureux que les poubelles jonchent la Commune alors que le maire se gave de recettes municipales, pour ses intérêts personnels et privés. Les maires qui repartent à la conquête en ont pris goût. Pourvu qu'ils ne montrent pas aux nouveaux qui arrivent, comment on tient la cuillère à la mangeoire de la Mairie. Messieurs les conseillers municipaux, nous n'aurons qu'une minute pour voter et 5 ans pour n'avoir que nos yeux pour pleurer, en attendant que le ciel nous vienne en aide dans un siècle ou deux.

Le « vivre ensemble. »

L'organisation du « vivre ensemble » dans les communes sera un impératif pour les maires qui seront élus après le 09 février 2020. Un impératif absolu. Un impératif vital qu'ils célébreront lors des mariages, lorsqu'ils marieront les tribus, les ethnies et toutes composantes sociales pour une Commune « une et indivisible ». Peut-être que le développement et l'épanouissement de la Commune viendra de là. Et leurs œuvres auront été réellement remarquables, ils se seront distingués dans cinq ans par les populations. Beaucoup de maires (du RDPC malheureusement) de la dernière mandature avaient été les grands pourfendeurs de ce « vivre ensemble ».

Le tribalisme nous a valu très cher dans plusieurs communes du Cameroun. Plusieurs Communes en ont souffert. Dans certaines grandes villes comme Yaoundé, des tribus se sont opposées si fortement que l'on aura frôlé le pire. Plusieurs maires sortant étaient à la manœuvre pour installer la division et la haine. On aura découvert des financements occultes de jeunes gens d'une tribu pour les dresser contre d'autres jeunes gens d'une autre tribu. D'autres n'ont pas daigné organiser des actions fortes pour endiguer cet état de fait dans leurs communes, soit par incapacité, soit par laxisme.

Des idées innovantes pour les communes

Certains maires de la dernière mandature manquaient de confort intellectuel pour leur permettre de penser le développement économique, social et culturel de leurs Communes. C'est sans doute l'une des raisons qui les a poussés à verser dans la mal gouvernance communale, la gabegie et prévarication. Mais d'autres maires avaient des bagages intellectuels respectables aussi. Ces derniers, n'ont pas meilleurs bilan que les premiers. Ils auront mis ce bagage au service du mal et ont fait pire que ceux qui n'auront pas été plus loin qu'au Bepc.

Les prochains maires, qu'ils soient agrégés des universités ou ancien cuisinier, mécanicien, chauffeur, devront penser de nouvelles Communes dans tous les domaines. Ils devront accompagner le président de la République dans la lutte contre le chômage des jeunes, par exemple. L'insertion de la femme dans la lutte contre la pauvreté est une urgence. La femme de la Commune ne devra plus être une simple vendeuse de concombre dans le marché de la commune, qui paie des taxes communales, au risque de voir sa marchandise confisquée par les loubards envoyés par le maire.

Autant que le 09 février 2020 sera une journée décisive pour les populations, les conseillers municipaux ont la lourde responsabilité de désigner de nouveaux ou de reconduire les anciens maires. Dans ce cas, prions Dieu, qu'ils aient changés et que les leçons de la fronde des populations dans plusieurs mairies (RDPC, malheureusement) lors des investitures leur aura servi de leçons. Pour de nouveaux, qu'ils sachent que le peuple n'est plus le même et sait désormais juger. A l'audace de l'indiscipline de certains maires, le RDPC s'armera du courage d'investir pour rétablir l'ordre et la discipline.

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