Madagascar: Le libertinage et la politique

N'anticipez rien avant de finir de lire cette chronique. Quand on dit que les politiciens transgressent allègrement les règles de la morale, on ne fait pas cas des nôtres d'aujourd'hui, parce qu'on le sait et admet qu'ils ont tous des attitudes de bon père de famille, ils sont monogames, fidèles à leurs conjoints et fervents croyants de surcroît.

L'encadrement idéologique (vision et actions, culture de résultats) est tel qu'on peut parier que la morale politique et la morale, tout court, se confondent. D'ailleurs, un pressenti à un poste à hautes responsabilités se hâte de trouver une épouse sous peine d'entacher son statut de « olona manana ny hajany ». Ils ont comme devise les « 3 V : Vady, Voninahitra et Vahoaka » et malheur à ceux qui outrepassent ce code de bonne conduite.

Ce qui n'est pas le cas, il faut le dire, ailleurs. Des hommes d'Etat, bien comme il faut, défraient souvent la chronique et les anecdotes savoureuses n'y manquent pas. La liberté d'expression y contribue pour beaucoup. Les intrigues rocambolesques comme les fugues en scooter, les alcôves camouflées des palais pour y vivre une vie parallèle... ces dérives, si dérives il y a, sont étalées en long et en large dans la presse, malheureusement a posteriori, c'est-à-dire après mandat. En plus, les auteurs se targuent de les avoir vécues et même certains en rajoutent, au grand dam des épouses officielles hélas résignées d'obliger de les subir. Ces faits semblent être relégués au rang des pouvoirs discrétionnaires; et la République s'en accommode on dirait. Heureusement ou malheureusement, les moyens de communication modernes ont l'air d'enrayer cette dolce vita, car la moindre déviation révélée peut réduire aujourd'hui à néant tout un plan de carrière politique.

Mais l'on ne peut pas s'empêcher, malgré tout, de regarder par la lorgnette de l'histoire ce qui se passe chez nous, sous peine de « tsy mijery arina an-tava » (vois aussi tes lacunes). Ici, les monarques républicains ne relèvent pas de la légende. Tout le monde est au courant de ces descentes sur terrain dans les contrées plus ou moins lointaines où les « offrandes » en chair et en os de jeunes filles sont de coutume, et les hautes personnalités en sont friandes. Puis, ne faîtes pas avouer à ces SP (secrétaires particulières) qui doivent accueillir ces visiteuses que monsieur le ministre ou monsieur le directeur reçoit après les heures de bureau. Elles sont déjà en robes légères pour être invitées à des séances de travail sans jupette ni dentelle.

Un ancien ministre d'avouer que les sollicitations sont si pressantes qu'il est difficile de s'en dérober; et comme toutes choses faciles, il est dur de s'en passer après. A croire qu'ils sont plus victimes que coupables.

Mais, mesdames ne jetez pas à la gente masculine la pierre. Le terme « maîtresse » est devenu de gros mot à grand mot. Combien de chez vous ne se vantent pas d'être ou d'avoir été la maîtresse de tel ou tel grand personnage et même de se targuer d'avoir eu une portée avec. Les termes putain ou catin de la République ont plutôt un sens nobiliaire que vulgaire maintenant. Et oui, libertinage mais à quel étage de la société fait-on allusion ?

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Midi Madagasikara

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