Nigeria: Fermeture des frontières terrestres - Des négociations en cours à Ouagadougou

(Photo d'archives) - Une situation de blocus au niveau d'une frontière entre deux pays africains.
17 Février 2020

Sous le patronage du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, Ouagadougou a abrité, du 13 au 15 février 2020, une réunion de haut niveau des ministres en charge des affaires de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et du commerce du Bénin, du Burkina, de la Côte d'Ivoire, du Ghana, du Niger , du Nigeria et du Togo sur l'évaluation de la situation de la fermeture des frontières terrestres du Nigeria aux marchandises.

La cérémonie d'ouverture des travaux a été présidée par le ministre de l'Intégration africaine et des Burkinabè de l'extérieur, Paul Robert Tiendrebeogo. Il était accompagné du président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou, et du président de la Task force, sur la libre circulation des personnes et des biens, le général Salou Djibo.

« La libre circulation des personnes et des marchandises constitue le ciment et le fondement de tout processus d'intégration régionale. Elle conditionne la réalisation du marché commun que nous ambitionnons de créer et la réalisation de notre vision stratégique fondée sur l'émergence d'une CEDEAO des peuples», a d'emblée souligné le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou, lors de la cérémonie d'ouverture des travaux de la réunion de haut niveau des ministres en charge des affaires de la CEDEAO et du commerce du Bénin, du Burkina, de la Côte d'Ivoire, du Ghana, du Niger , du Nigeria et du Togo sur l'évaluation de la situation de la fermeture des frontières terrestres du Nigeria aux marchandises, tenue à Ouagadougou du 13 au 15 février 2020 .

En effet, selon Jean-Claude Kassi Brou, « la zone de libre-échange apporte des bénéfices inéluctables à tous ses membres à travers un vaste marché de 370 millions d'habitants, sans droits et taxes. Le commerce intracommunautaire qui en résulte est estimé en moyenne à 15 milliards de dollars par an, soit 11 à 12% des échanges globaux de la communauté, pendant des années ».

Pour le président de la Commission de la CEDEAO, « ces acquis sont fragilisés par la fermeture des frontières terrestres aux marchandises entre les trois pays que sont le Niger, le Nigeria et le Bénin depuis le 20 août 2019, soit depuis six mois maintenant ». A l'entendre, « les Etats membres de ce corridor participent à plus de 65% au commerce intra régional ».

Par conséquent, cette fermeture des frontières a un impact négatif sur le volume des échanges intracommunautaires pour les années 2019 et 2020. « Selon le rapport de la Task-Force sur le schéma de libéralisation des échanges, les conséquences financières, en termes de pertes, sont déjà catastrophiques pour les opérateurs économiques de la région, sans compter l'impact sur la perception de la crédibilité de notre processus d'intégration », a-t-il fait savoir.

Et d'ajouter que « l'utilité des projets communautaires importants tels que la construction des postes de contrôle juxtaposés, l'autoroute Lagos-Abidjan-Dakar, les chemins de fer régionaux et même la création de la monnaie unique, peut être remise en cause ».

« Une utilisation judicieuse de nos instruments communautaires sur les échanges »

Ainsi dit, la rencontre de haut niveau se tient dans le cadre d'un dialogue fraternel et régional pour apporter les solutions appropriées devant aboutir à la réouverture des frontières terrestres aux marchandises dans la région.

« Au sortir de cette rencontre, les participants devront parvenir à des propositions concrètes, pour un meilleur fonctionnement de notre système de libéralisation des échanges et une utilisation judicieuse de nos instruments communautaires sur les échanges », a confié Jean-Claude Kassi Brou.

Selon le ministre de l'Intégration africaine et des Burkinabè de l'extérieur, Paul Robert Tiendrebéogo, si depuis la création de la CEDEAO en 1975, des acquis ont certes été engrangés, ces derniers ne doivent cependant pas occulter les nombreux défis de l'organisation à relever pour devenir un modèle d'intégration irréversible.

Il s'agit de ceux liés à l'effectivité de la libre circulation des personnes et des biens. A l'en croire, les ministres en charge des affaires de la CEDEAO et du commerce du Bénin, du Burkina, de la Côte d'Ivoire, du Ghana, du Niger , du Nigeria et du Togo, se sont réunis à Ouagadougou avec pour mission de soumettre au président du Faso, en sa qualité de champion de la libre circulation des biens, les recommandations les plus pertinentes possibles pour résorber les difficultés liées à la fermeture de ses frontières terrestres aux marchandises, par le Nigeria, depuis le 20 août 2019.

Pour le président de la Task-force sur la libre circulation des personnes et des biens, le général Salou Djibo, « le thème de la rencontre qui porte sur l'évaluation de la fermeture des frontières terrestres du Nigeria aux marchandises est préoccupant car il touche aux fondements même de notre communauté, à savoir la libre circulation des personnes et des biens.» Pour lui, la rencontre de haut niveau doit proposer des solutions réalistes et applicables à court terme.

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