Afrique du Nord: Kaies Saied - « La Tunisie n'a pas été touchée par une pareille crise depuis l'indépendance »

17 Février 2020

Le président de la République, Kais Saied a affirmé, lundi, « qu'on ne peut sortir de la crise de la formation du gouvernement qu'en se référant à la Constitution et non aux interprétations de ceux qui émettent des Fatwas « .

Recevant, ce lundi, au palais de Carthage, le président de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi (président d'Ennahdha) et le chef du gouvernement d'affaires courantes, Youssef Chahed, le chef de l'Etat a ajouté « malheureusement, les Fatwas émises de temps à autre ne sont ni innocentes ni fondées sur des bases scientifiques ».

« Le peuple m'a élu et m'a confié cette responsabilité », a lancé Kais Saied dans une vidéo publiée sur la page officielle de la présidence de la République, précisant qu'il s'appuie dans sa mission sur le texte de la Constitution et que face à la situation actuelle il va falloir appliquer l'article 89 de la Constitution.

Un entretien qui intervient sur fond de crise au niveau de la formation du gouvernement. Pour Saied, la Tunisie n'a pas été touchée par une pareille crise depuis l'indépendance.

La rencontre de Saied avec Ghannouchi et Chahed intervient aussi au moment où des dirigeants d'Ennahdha ont appelé à l'application de l'article 97 de la Constitution pour éviter l'organisation de nouvelles élections.

Une issue rejetée par le président de la République qui a mis en garde lors de l'entretien contre la « gravité d'outrepasser la Constitution par la Constitution ».

Dans ce contexte, le chef de l'Etat estime que le texte de la Constitution est clair et que l'article 89 doit être appliqué dans la formation du gouvernement.

D'après ledit article « Si, dans les quatre mois suivant la première désignation, les membres de l'Assemblée des représentants du peuple n'ont pas accordé la confiance au gouvernement, le Président de la République peut décider la dissolution du parlement et l'organisation de nouvelles élections législatives dans un délai d'au moins quarante-cinq jours et ne dépassant pas quatre-vingt-dix jours « .

Au cours de cette rencontre, le chef de l'Etat a écarté le scénario de l'application de l'article 100 de la Constitution dans la mesure, a -t-il dit, qu'il ne s'agit ni de démission ni de décès.

« Au cas où le gouvernement n'obtiendra pas la confiance du parlement, il y aura recours au peuple », a-t-il affirmé, appelant toutes les parties à assumer leur responsabilité en cette étape historique et décisive.

Par ailleurs, le président de la République a évoqué le concept de gouvernement d'affaires courantes, selon plusieurs expériences comparées, précisant qu'une fois le nouveau parlement prend ses fonctions, le gouvernement qui était en place deviendra un gouvernement d'affaires courantes avec des prérogatives bien limitées.

« Les institutions de l'Etat continueront à fonctionner quelque soit le résultat du vote sur le nouveau gouvernement », a assuré le chef de l'Etat.

Le processus de formation du gouvernement a connu des difficultés depuis la désignation d'Elyes Fakhfakh par le chef de l'Etat d'assurer cette tache en raison d'un différend entre les partis politiques associés aux concertations sur le futur gouvernement. Le mouvement Ennhdha (54 députés) s'était retiré des concertations.

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