Afrique de l'Ouest: Mike Pompeo survole le Sahel et se pose au Sénégal

17 Février 2020

Pour sa première visite en Afrique subsaharienne, le secrétaire d'Etat américain ne visite aucun des pays du Sahel touchés par le terrorisme. Il défend son choix du Sénégal comme une des destinations de ce voyage.

L'Afrique subsaharienne est la seule région du monde que le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo n'avait pas encore visitée depuis son entrée en fonction en 2018. Après la première étape du Sénégal (du 15 au 16.02.2020) Mike Pompeo visite ce lundi (17.02.2020) l'Angola avant de se rendre en Ethiopie d'où il partira, mercredi, pour se rendre dans deux pays du Golfe.

Cette visite intervient dans un contexte où l'Afrique appelle à la mobilisation en faveur des pays du Sahel touchés par le terrorisme. Pourtant, Mike Pompeo ne visite aucun pays du Sahel lors de sa tournée en Afrique.

Le Sénégal, pays fréquentable

Le Sénégal est le premier pays africain visité par Mike Pompeo. Le secrétaire d'Etat américain aurait pu se rendre aussi au Mali voisin.

Le Mali est en effet touché par les attaques djihadistes et l'annonce par Washington d'un retrait de troupes du Sahel a récemment suscité l'inquiétude de la France. Paris a d'ailleurs plaidé en faveur du maintien de la coopération avec les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Selon une source anonyme du département d'Etat, le Sénégal, l'Angola et l'Ethiopie auraient été choisis à cause de l'attachement de leurs dirigeants aux valeurs démocratiques.

Une opinion que partage Gnaka Lagoke (lire YANKA LAGOKÉ), analyste politique et universitaire en poste en Pennsylvanie, aux Etats-Unis. Pour lui en effet, "malgré tout, le Sénégal semble une démocratie qui fonctionne. Donc par rapport à cette spécificité sénégalaise, les Etats-Unis ont certainement envie d'être là pour montrer qu'ils veulent être du côté des bonnes pratiques par rapport aux valeurs démocratiques et par rapport à la promotion du secteur privé. C'est certainement ce genre de choses qu'ils attendent des pays africains qui sont en train de souffrir du terrorisme. Je veux particulièrement parler du Mali, du Niger, du Burkina Faso et bien d'autres".

Lutte contre la corruption

L'Angola mène actuellement une vaste campagne contre la corruption, même si les Etats-Unis s'alarment de l'augmentation de la dette du pays vis-à-vis de la Chine. Quant à l'Ethiopie, le premier ministre Abiy Ahmed est encouragé au plan international pour ses réformes qui peinent cependant à se mettre en place.

L'administration américaine, sous le président Donald Trump, ne cache pas ses critiques contre les pays du Sahel.

Selon les Américains, ceux-ci devraient fournir plus d'efforts pour lutter contre la corruption. C'est en tout cas la réponse qu'a donné la Maison Blanche lorsqu'il a été question d'un financement pérenne de l'Onu pour le G5 Sahel.

Moussa Mara, ancien premier ministre du Mali, reconnaît certes l'importance de l'appui des acteurs extérieurs. Mais il dit ne pas regretter que Mike Pompeo ne visite pas son pays. "Personnellement je pense que c'est un non-événement", confie l'ancien Premier ministre malien."Maintenant, les autorités maliennes peuvent avoir leur propre lecture. Nous donnons trop d'importance à l'international", regrette-t-il.

D'après nos informations, le président américain Donald Trump compte organiser bientôt une conférence économique avec des pays africains. La visite de Mike Pompeo s'inscrirait donc aussi dans le cadre des préparatifs de cette conférence.

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