Sud-Soudan: Des négociations de paix sans cesse retardées

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir et le chef de l'opposition, le Riek Machar, se sont rencontrés le 11 septembre 2019 à Juba. Ce fut leur deuxième rencontre en face à face.

Au Soudan du Sud, les négociations de paix patinent. Les belligérants ont jusqu'à la fin de la semaine pour former un gouvernement d'union nationale. Mais les sujets de désaccord sont encore nombreux.

Le chef de l'opposition, Riek Machar, a refusé dimanche 16 février la proposition du président Salva Kiir, c'est-à-dire le retour à un système fédéral à dix Etats auquel seraient adjointes trois entités administratives. C'est précisément cet ajout des trois régions administratives qui pose problème.

Ainsi, au fur et à mesure que la date-butoir du 22 février approche, l'incertitude grandit. Samedi, l'annonce surprise par Salva Kiir du retour à un système fédéral à 10 Etats pour le futur pays a pu faire croire à une avancée majeure. En effet, c'était là une demande de son opposant Riek Machar, mais l'adjonction de trois « zones administratives » à ces 10 Etats - catégoriquement refusée par Riek Machar - est au contraire venue augmenter la pression.

Il est vrai que parmi ces trois zones figurent des secteurs-clé de la production pétrolière qui est la ressource financière principale du pays. Pour Riek Machar, donc, il faut que le président revienne sur sa décision.

Certes on a appris ce lundi 17 février que Riek Machar se rendait à Juba pour participer à d'ultimes pourparlers sur cette question, à partir de mardi, mais cela pourrait encore retarder la rédaction d'un texte final.

Pourtant, il est difficile d'imaginer un nouveau délai pour la conclusion d'un accord de partage de pouvoir. Le 12 novembre dernier, cent jours supplémentaires avaient déjà été accordés, malgré l'opposition des Etats-Unis. Et en 2016, c'est après un an d'application d'un accord similaire que la guerre civile avait repris. Des analystes doutent donc, désormais, de la bonne foi des belligérants.

Il y a certainement une manœuvre, je dirais, de la part du président pour essayer d'obtenir la mainmise sur les ressources du pays, ou de la garder. De toute évidence, il savait d'avance que Riek Machar serait dans la position de celui qui refuse. Donc, il a poussé Riek Machar, en quelque sorte, à la faute en faisant que Riek Machar ne peut pas faire autrement que refuser cette proposition.

Marc Lavergne explique pourquoi le refus de Riek Machar était prévisible

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