Burkina Faso: Congrès MPS - « Je serai bel et là » (Yacouba Isaac Zida)

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Le samedi 15 février 2020, le Mouvement patriotique pour le Salut dirigé par le Pr Augustin Loada a décidé d'adouber l'ex-PM Yacouba Isaac Zida exilé au Canada pour la présidentielle de 22 novembre prochain. Par l'adresse qui suit, il dit oui à la sollicitation du parti dont il est le président d'honneur. Il assure qu'il sera là au Congrès les prochains mois.

Mes chers compatriotes,

Aujourd'hui je voudrais exprimer ma gratitude au Pr Augustin Loada et à son parti le MPS qui, après m'avoir déjà honoré en juillet 2019 en me nommant président d'honneur dudit parti, ont décidé, ce samedi 15 février, de me désigner comme leur candidat à la prochaine élection présidentielle. Je mesure le haut degré de confiance placé en moi, mais je suis aussi conscient qu'au-delà de ma personne c'est la foi en un idéal et en une vision que nous partageons depuis longtemps.

Le MPS et plus largement le Burkina Faso ne manque certainement pas de personnes compétentes pour faire face aux défis de l'heure. Toutefois, au-delà de ses compétences, notre pays a besoin d'une personne qui fait preuve de responsabilité, de courage décisionnel, d'intégrité morale, et qui comprenne l'aspiration de notre peuple à beaucoup plus de respect et de bienveillance.

C'est pourquoi bien que n'étant certainement pas la seule personne à remplir ces conditions, je me réjouis que le MPS et son président, ayant trouvé ces qualités en moi, aient décidé que je porte leur projet d'un Burkina meilleur devant le peuple souverain du Burkina Faso. Si c'est un honneur, c'est aussi surtout pour moi une mission sacrée que je ne peux pas trahir.

C'est pourquoi je vais livrer solennellement ma réponse au parti qui sera réuni en congrès dans les prochains mois et par la même occasion à toute l'opinion nationale et internationale. L'avenir de 20 millions de Burkinabè dépend de la décision que nous allons prendre, aussi sommes-nous conscients de l'importance d'un tel rendez-vous. Oui je serai bel et bien présent à ce congrès.

Chers compatriotes, en attendant impatiemment ce grand rendez-vous, mes pensées sont constamment tournées vers mes 600 mille compatriotes déplacés à l'intérieur de leur propre pays; j'ai énormément de peine pour les 200 mille enfants qui ne peuvent plus aller à l'école, et mon chagrin est sans limites devant le deuil des familles de nombreux civils et soldats massacrés parce qu'ils ont fait confiance à un régime qui ne peut plus les protéger. Ce tableau est si noir que plusieurs d'entre vous et moi-même avons du mal à reconnaître le Burkina Faso de feu capitaine Thomas Isidore Noël SANKARA.

Qui parmi nous ne s'est jamais senti plus fier d'être Burkinabè auparavant que maintenant? Chers compatriotes, en attendant de redonner à notre pays ses lettres de noblesse, nous devons commencer par reconnaître courageusement la situation dans laquelle nous sommes.

Notre État est en faillite et faire semblant n'y change rien, bien au contraire. Il est plus que jamais temps de prendre le taureau par les cornes. Comment peut-on développer un pays dont le peuple se meurt ? Comment bâtir un pays dans lequel des communautés entières sont déchirées et se regardent en chiens de faïence ? Peut-être certains politiciens vous diront-ils encore qu'ils sont la solution...

La solution dont rêvaient les Burkinabè après les élections de 2015 a vite tourné au cauchemar et fait place à l'hypocrisie et au cynisme. Pendant que le peuple vit le plus grand naufrage de son histoire, les princes du moment se comportent comme si de rien n'était. Ce dimanche après-midi, pendant que j'écrivais ce message, j'apprends que 21 fidèles croyants sont massacrés dans leur lieu de culte dans le village de Tatakatami (province du Yagha)...

Du côté du gouvernement, pas un simple message de compassion. Depuis quand la vie des Burkinabè est-elle devenue si banale ? Chacun des responsables, qu'ils soient des terroristes ou des agents gouvernementaux laxistes corrompus et incompétents, va répondre devant l'histoire de ses actes. La vie des milliers de Burkinabè ne saurait être passée en pertes et profits.

Chers compatriotes, comme le disait le Pr Loada il y a deux jours, « dans ce pays, il y a des priorités certes, mais il ya des préalables aux priorités ». Si la survie de nos proches, de nos frères et sœurs, de nos concitoyens exige que l'on reporte les élections, qu'il en soit ainsi... mais je crains que cela ne soit une très grave erreur qui ne fera qu'aggraver ou en tout cas prolonger la souffrance insoutenable de notre peuple. Alors chers compatriotes, je prends rendez-vous avec vous et avec l'histoire à partir de la tenue du congrès extraordinaire du Mouvement patriotique pour le salut (MPS).

Que Dieu bénisse le Burkina Faso, notre patrie !!!

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Observateur Paalga

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