Congo-Kinshasa: Beni - L'ADF défie Jeanine Mabunda et tue au moins 10 autres civils à Halungupa

18 Février 2020

La présence de la présidente de l'Assemblée nationale en région de Beni depuis ce lundi 17 février, n'aura pas dissuadé le tueur de Beni à s'en prendre aux pauvres citoyens non armés.

Car, alors que Jeanine Mabunda a lancé un appel d'espoir aux populations locales, l'ADF a attendu la soirée du même jour pour s'infiltrer nuitamment dans la petite agglomération de Halungupa. Ici, il a de nouveau abattu à la machette et à l'arme à feu, une dizaine d'autres civils innocents.

Enfin, c'est devenu presque comme une habitude, le sabotage auquel se livrent les rebelles ougandais de l'ADF à chaque fois qu'une personnalité d'une carrure nationale a osé fouler le sol de Beni pour parler sécurité, réconciliation, union et soutien envers l'armée et les habitants victimes des atrocités de la guerre.

Lors de son passage dans la région il y a quelques semaines, le Cardinal de Kinshasa, Fridolin Ambongo qui était également porteur d'un message de paix, a dû compter d'autres morts au cours de sa première nuit dans cette partie du pays.

Les lendemains des séjours du chef de l'État dans la zone, les ADF frappent toujours. Aujourd'hui, nombre d'analystes se demandent à quoi jouent ces djihadistes.

D'autres estiment qu'ils veulent démontrer à la face du monde qu'ils demeurent techniquement nuisibles et que leur menace contre la nation doit continuer d'être prise au sérieux par le pouvoir de Kinshasa.

Pour ce qui est de l'attaque de Halungupa en territoire de Beni, sur le tronçon Beni-Kasindi, les témoins du drame renseignent que c'est vers 20h que l'ennemi, déguisé en FARDC, a été repéré dans ce village avant de passer à sa sale besogne.

Ceux-ci indiquent que, alors que la fouille continue, au moins 13 victimes retrouvées ont perdu la vie lors de ce nouveau carnage, en plus d'autres disparus dont le nombre est encore difficile à déterminer. D'autres sources indépendantes avancent aux dernières minutes le chiffre variant entre 15 et morts.

« Jusque-là, je vois ici 10 corps. J'essaie d'identifier parmi eux une dame, un militaire et un motard. Ce motard était en train de dépêcher ce militaire pour une intervention. Alors, ils les ont croisés en mi-chemin.

Les gens qui sont venus tuer étaient bien armés, avec des tenues semblables à celles des FARDC, moi je les ai même rencontrés avant qu'ils ne commencent leur opération et celui qui commandait parlait swahili. C'était vers 20h qu'ils m'ont dépassé ici chez moi », témoigne un rescapé qui a échappé bel.

Les forces vives locales s'inquiètent de cette recrudescence et appelle les autorités militaires à changer leur plan de guerre pour mettre fin à ces surprises ddésagréables.

Elles regrettent des villages, considérés comme principaux greniers de grandes agglomérations, se soient ainsi vidés de leurs habitants. C'est donc un mardi triste et angoissé que vont passer les habitants de ce coin du Nord-Kivu.

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