Afrique: Journaliste assassiné - RSF demande des mesures pour mettre fin à l'hécatombe

communiqué de presse

Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités locales et fédérales de tout mettre en oeuvre pour identifier et appréhender les auteurs de l'assassinat d'un journaliste et de prendre des mesures rapides pour lutter contre l'impunité et renforcer la sécurité des journalistes dans le pays africain le plus meurtrier pour les professionnels de l'information.

Tout porte à croire qu'il s'agit d'un assassinat ciblé. Abdulwali Ali Hassan dit "Online", journaliste pour Kulmiye Radio, un média basé à Mogadiscio, et Universal TV, une chaîne installée à Londres, se rendait chez lui à Afgoye, située à une trentaine de kilomètres à l'ouest de la capitale somalienne, lorsque des hommes armés l'ont abattu de plusieurs balles dans la soirée du dimanche 16 février.

Le syndicat national des journalistes somaliens (NUSOJ) indique dans un communiqué que le journaliste avait reçu plusieurs menaces de mort par téléphone en lien avec sa couverture des opérations armées menées dans la région contre les shebabs.

Personne n'a pour l'instant revendiqué cet assassinat mais le modus operandi "ressemble aux opérations" menées par le groupe terroriste estime le syndicat.

S'il s'agit du premier journaliste tué en Somalie cette année, cet assassinat porte à 50 le nombre de journalistes tués dans le pays au cours des dix dernières années. En 2019, trois d'entre-eux avaient été assassinés.

"Nous condamnons ce nouvel assassinat de journaliste en Somalie avec la plus grande fermeté et demandons aux autorités une réponse à la hauteur de l'hécatombe qui touche les professionnels de l'information dans le pays, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

Tant que l'impunité sera la règle et qu'aucune mesure d'envergure ne sera prise pour protéger les journalistes, ils continueront à être exposés et la Somalie risque de demeurer le pays le plus meurtrier d'Afrique pour les journalistes.

Une enquête sérieuse permettant d'identifier et de condamner les auteurs de cet assassinat est indispensable de même que la mise en place d'un mécanisme dédié à la sécurité et à la protection des journalistes que nous appelons de nos voeux."

Les enquêtes sur les assassinats de journalistes aboutissant à l'identification des responsables et à leur condamnation sont encore trop rares malgré les récents efforts entrepris pour mettre fin à l'impunité.

Le policier qui avait abattu le cameraman de SBS, Abdirisak Qasim Iman, à Mogadiscio en juillet 2018 a été condamné par contumace à cinq ans de prison ferme.

RSF continue à demander aux autorités de tout mettre en oeuvre pour qu'il soit arrêté afin qu'il effectue sa peine. Deux soldats qui avaient ligoté et laissé en plein soleil deux journalistes qui faisaient des interviews dans la rue ont également été arrêtés et renvoyés de l'armée.

La Somalie occupe la 164e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF

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