Madagascar: Mahajanga - Les secteurs social et judiciaire corrompus

La lutte contre la corruption est prise au sérieux à Mahajanga. Telle a été la déclaration de la procureure de la République près du Tribunal de 1ère Instance (TPI), Hanitriniaina Razafindrabe, hier, lors de la conférence de presse organisée avec la branche territoriale du Bianco, à la salle du Mahedo à Mahajanga be.

Son directeur, Olivier Ratsimbazafy, ainsi que la présidente du TPI, Julna Sanjy et le juge d'instruction au niveau de la Chaîne pénale anti-corruption, Théodore Randrianjafy, étaient aussi unanimes sur cette déclaration.« Si en 2018, on avait traité vingt-neuf dossiers, dix-neuf étaient liés à la corruption. L'année dernière, cinquante-cinq dossiers ont été reçus dont trente-et-un concernaient la corruption. Depuis le début de l'année, trois dossiers sont déjà en cours dont deux transmis par le Bianco.

Les 2/3, ou les 80%, des cas traités au niveau du Tribunal concernent des faits de corruption récurrents tels que l'abus de fonction, faux et usage de faux par les collectivités territoriales, les communes, les services des Domaines, de la Santé et l'Éducation. Le secteur judiciaire, la gendarmerie, la police, l'administration pénitentiaire sont également les plus dénoncés », a déclaré la procureure de la République.

« Ces chiffres ont augmenté grâce aux descentes et sensibilisations effectuées dans les régions. Les faits de corruption récurrents sont les abus de fonction, détournements de deniers publics et les marchés publics. Notamment dans les zones enclavées qui bénéficient de subventions spéciales. L'abus se situe au niveau des réhabilitations des infrastructures, au lieu de nouvelles constructions comme il est exigé », a encore expliqué le directeur de la branche territoriale du Bianco.

Plus de doléances

« Il faudrait intensifier la responsabilité citoyenne et renforcer le contrôle citoyen des actions publiques, au vu des statistiques et doléances reçues », a encore souligné le directeur du Bianco de Mahajanga.

Car 23% seulement des doléances reçues sont liées à la corruption. Bien que les statistiques démontrent que le taux de doléances reçues a augmenté de 120% en 2019, sur les 856 dossiers, 201 cas touchent la corruption, contre 99 en 2018. Et 162 étaient traités contre 138 en 2018, dans la province de Mahajanga.« Les crimes de sang sont en hausse ainsi que ceux des mœurs. Plus de 323 cas de vol de zébus ont été traités par le cabinet d'Instruction.

Les cas de coups et blessures volontaires ainsi que les litiges fonciers entre les familles sont aussi nombreux. La société est malade car les conflits de litiges fonciers affectent surtout des membres d'une même famille. Des familles se déchirent à cause de ces litiges fonciers », a déploré la présidente du TPI.En ce qui concerne le cabinet d'Instruction au niveau de la Chaîne pénale anti-corruption, les résultats étaient de 78% en 2019, contre 58% l'année précédente.

Plus de: L'Express de Madagascar

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