Madagascar: Mémorandum économique - Une croissance basée sur les exportations et la connectivité selon la Banque Mondiale

Les infrastructures portuaires sont parmi les éléments essentiels du développement économique.« Le retour d'une croissance économique soutenue et de la stabilité politique offre un cadre favorable à la réduction de l'extrême pauvreté ». C'est ce qu'indique notamment le mémorandum économique de Madagascar présenté la semaine dernière par la Banque mondiale.

Plan Emergence

Un dossier qui ravive en tout cas l'espoir quant au retour à la croissance économique. « Madagascar est en phase d'expansion économique, et a connu une transition politique pacifique en 2019, ce qui donne au pays une base solide pour parvenir à une trajectoire de croissance plus inclusive et durable », selon toujours la Banque mondiale qui estime que, le Plan Emergence Madagascar peut constituer une voie vers le développement.

« Avec son Plan d'Emergence, le gouvernement s'est donné une vision ambitieuse pour libérer le potentiel de croissance de Madagascar, et d'en faire profiter le plus grand nombre. L'économie est en expansion depuis six années consécutives, avec une croissance estimée avoisinant les 5% en 2018 et 2019. La transition politique pacifique après les élections présidentielles de 2018-19 est une étape importante dans l'histoire politique du pays, et pose les bases qui permettront de s'attaquer à des problématiques de gouvernance profondément ancrées ».

Exportations

Parmi les secteurs de croissance, la Banque mondiale cite les exportations. « Les secteurs axés sur l'exportation, où l'on trouve des entreprises hautement performantes, contribuent de manière significative à la croissance... Accélérer la trajectoire de croissance actuelle requiert de développer davantage les secteurs porteurs de l'économie qui sont souvent tournés vers les marchés à l'exportation. Bien que Madagascar soit confronté à des problèmes de connectivité en tant que grande économie insulaire à logistique limitée, les exportations se portent bien.

Le ratio exportations/PIB de Madagascar est passé de 27% en moyenne sur la période 2010-2013 à 33% entre 2014 et 2017, ce qui est l'un des taux les plus élevés de la région. Les secteurs à vocation exportatrice, tels que l'agroalimentaire, les télécommunications, les industries extractives et les activités dans les zones franches d'exportation, auraient contribué au tiers de la croissance du PIB sur la période 2014-2018.

En outre, ces secteurs ont stimulé la croissance grâce à des liens avec l'économie nationale, notamment les services aux entreprises et le transport de marchandises, deux secteurs en expansion. Les investissements directs étrangers (IDE) ont également augmenté et ciblent des secteurs performants de l'économie. Des secteurs tels que l'agroalimentaire, le textile, l'habillement et l'informatique / externalisation des processus métiers (IT-BPO) illustrent bien les avantages comparatifs que Madagascar propose ».

Secteur formel

La formalisation figure également parmi les conditions de la relance économique. « L'économie malgache est en transition, mais le secteur formel doit encore se développer. Si l'on compare la situation de Madagascar aujourd'hui et en 2012, on constate que des zones géographiques situées hors des trois plus grandes villes (Antananarivo, Mahajanga, et Fianarantsoa) se sont développées. Bien que ces évolutions soient encourageantes, l'économie formelle reste de petite taille. Au rythme actuel de création d'emploi, un peu moins d'un nouveau venu sur le marché du travail sur douze, trouvera un emploi formel dans le secteur privé.

Connectivité

Les infrastructures jouent également un rôle de premier rang dans ce processus de développement. La Banque Mondiale parle de connectivité. « L'amélioration de la connectivité, du capital humain, et du cadre des affaires, ainsi que l'adoption de nouvelles technologies dans le secteur agricole, sont des éléments déterminants pour réaliser le potentiel économique du pays. Il s'agira notamment d'accélérer la réalisation d'infrastructures, et renforcer la compétitivité de la prestation de services. « L'accélération de la réalisation des projets d'infrastructures est nécessaire à l'amélioration de la connectivité et du cadre des affaires. Bien que Madagascar soit un grand pays insulaire avec de faibles niveaux de connectivité, l'intégration aux marchés mondiaux est forte, comme en témoigne le fait que le pays ait l'un des niveaux de participation aux chaînes de valeur mondiales les plus élevés en Afrique, des niveaux comparables avec l'Indonésie et l'Inde. Les infrastructures en cours d'étude devraient renforcer la connectivité et, partant de cela, accroître le potentiel de développement des échanges commerciaux. Par exemple, un financement extérieur substantiel est prévu pour la réhabilitation de routes reliant les corridors agricoles à travers le pays. Cependant, les processus d'exécution des investissements publics financés sur des ressources extérieures restent encore à améliorer. Il faudrait également prévoir des infrastructures logistiques de soutien, y compris dans les ports qui seront accessibles à travers les nouvelles routes, offrant des possibilités de partenariats public-privé (PPP). Il conviendrait également de planifier l'exploitation et la maintenance des routes critiques, en particulier en raison de l'exposition aux dommages résultant d'intempéries. Ceci peut inclure un réexamen des sources de financement de l'entretien routier. En outre, à titre d'action à moyen terme, il pourrait être envisagé de restructurer la concession de chemin de fer, qui était autrefois un moyen de transport de marchandises rentable et moins coûteux, ainsi que d'améliorer les transports en commun pour faciliter la circulation dans les zones urbaines.

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