Congo-Kinshasa: L'émergence des femmes congolaises en politique - Briser les pesanteurs culturelles

18 Février 2020

L' heure n'est plus à se tourner les pouces mais plutôt sortir de son carcan, afin de se faire connaitre et faire face aux hommes puisque les femmes congolaises sont détentrices des mêmes compétences qu'eux.

C'est au cours d'un entretien avec un auditoire constitué des jeunes, hommes et femmes aspirant à la politique, le samedi 15 février 2020, à sa résidence située dans la commune de Ngaliema, le week-end dernier, que Léonie Kandolo a déclaré : « dans ce pays, il existe des femmes compétentes. Je peux vous trouver 250 femmes avec de compétences même parfois supérieures à celles des hommes qui sont au Parlement actuellement».

Elle a ajouté : « il y a nécessité d'inculquer aux jeunes la culture de la paix et les valeurs de la démocratie puisque les jeunes sont utilisés et impliqués dans les troubles » .

Léonie Kandolo a parlé de son expérience dans la société civile depuis plus d'une vingtaine d'années. Femme militante, influente, courageuse et surtout intelligente, elle estime que les femmes compétentes existent bel bien en RDC. La parité n'est qu'une question de volonté politique et des barrières culturelles qui doivent être cassées.

Selon elle, faire la politique demande du courage, car, tout engagement demande du courage, que ce soit un engagement dans la société civile ou dans la politique.

Le problème est qu'il y a très peu de femmes congolaises qui émergent en politique et peuvent servir d'exemple. Les milieux politiques constituent un espace assez fermé où souvent on ne laisse pas aux femmes beaucoup de places.

On a qu'à le voir au sein des partis politiques. Alors qu'il y a beaucoup de femmes, lorsqu'il y a nominations on ne voit que très peu leurs noms. Quand les chefs des partis choisissent des candidats, il y a très peu de femmes que l'on met en avant.

La femme politique n'est pas encore assez représentée en RDC. Et ce n'est pas de sa faute, mais celle d'un système. La loi sur la parité est avec les femmes pour une représentation paritaire, mais, la loi électorale n'encourage pas la parité.

Par exemple, le seuil de représentativité est un handicap pour les femmes, et s'il n'y a pas de femmes sur la liste, il n'y a pas de sanction... A son avis, il faut arriver à modifier la loi. Elle a pris à titre illustratif, la nomination au sein de la magistrature où aucune femme n'a été nommée.

Concernant l'utilisation abusive des jeunes dans les partis politiques, elle a exhorté ses interlocuteurs d'être très vigilants et de préserver les valeurs démocratiques, car, sur elles, qu'il faudrait asseoir les idées, les réflexions et la compréhension de son environnement politique.

Nécessité de l'appropriation des outils de communication

Gisèle Tshilengi, Secrétaire générale académique de l'UN Academia et femme cadre au sein du parti «Alliance des Élites pour le Nouveau Congo», a de son coté souligné que : «La RDC peut compter sur l'apport de la femme dans la sphère politique, dans sa prise de décision, dans sa prise du pouvoir et dans son engagement dans la gestion du pays».

Même si tant bien que mal, certaines d'entre elles abandonnent à mi-chemin leur carrière politique, a-t-elle déploré.

L'oratrice estime que le contexte de la politique en RDC et ailleurs, empêche les femmes de s'intéresser à la politique. « C'est la politique des coups bas, des muscles, entre les hommes, certaines ont du mal à continuer.

Elles évitent cette situation alors elles abandonnent. Les quelques femmes qui excellent en politique dans le contexte de notre pays, constituent tout de même des exceptions... », Constate-t-elle

Giselle Tshilengi reconnait que c'est possible d'encadrer certaines femmes qui adhèrent dans les partis politiques. Elle estime qu'il est question de mettre les moyens conséquents à leur disposition, en termes des formation de renforcement des capacités et aussi d'assurer leurs communications.

«Les maigres moyens financiers mis à leur disposition, certaines femmes les investissents dans la survie de leurs foyers, au détriment de leurs aspirations politiques... parce que la politique implique aussi des investissements conséquents pour la mener à bien ».

Elle a fini par conclure que la femme doit oser se prononcer sur la gestion du pays. Elle doit s'approprier les outils la communication pour mieux «se vendre». Elle doit être présente dans les médias pour se faire connaitre et se faire entendre.

En conclusion, les deux oratrices ont fini par indiquer qu'il important pour la femme congolaise de vaincre les pesanteurs culturelles qui empêchent son émergence en politique. Elles estiment qu'on doit formater la femme congolaise par rapport aux idées reçues, à son leadership...

Puisqu'on lui a inculqué des notions du genre, la bonne femme est celle qui reste à la maison comme femme ménagère.

Pourtant, la femme qui gère bien son foyer, est à même d'assumer d'autres responsabilités au plus haut sommet de l'Etat. Elle peut aussi œuvrer dans les institutions pour la bonne marche du pays.

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