Congo-Kinshasa: La plainte de Muyambo, Ewanga, Gecoco Mulumba et consorts contre Kalev confirmée

18 Février 2020

Anciens prisonniers politiques et d'opinions, Jean-Claude Muyambo, Jean-Bertrand Ewanga et Gérard Mulumba dit « Gecoco » apprêtent une plainte contre l'Ancien Administrateur général de l'Agence National de Renseignements, Kalev Mutond. Trente autres victimes de l'arbitraire, sous l'ancien régime, promettent saisir elles aussi les instances judiciaires compétentes.

C'est l'annonce faite hier lundi 17 février 2020 au cours d'une conférence de presse tenue au siège du parti de Jean-Bertrand Ewanga, et animée par Jean-Claude Muyambo et Jean-Bertrand Ewanga, qui estiment que Kalev Mutond doit répondre de ses actes devant la justice. Signalons que Gecoco Mulumba était représenté par son avocat, Me David Tshimanga, lors de cette rencontre avec la presse.

Il y a lieu de souligner que le collectif des avocats de ces anciens prisonniers sera piloté par Me Georges Kapiamba, président de l'Association Congolaise pour l'Accès à la Justice, (ACAJ).

Jean-Claude Muyambo, Jean-Bertrand Ewanga, Gecoco Mulumba et consorts reprochent à l'ancien patron de l'ANR les griefs suivants : arrestation et détention arbitraire ; tortures ; traitements inhumains et dégradants.

« Au départ, on était à 6 mais aujourd'hui, nous sommes 33 victimes de Kalev. Nous n'avons aucun problème avec l'ancien régime mais c'est la manière dont on a été torturés, violentés d'une manière directe et indirecte.

Si aujourd'hui, nous sommes déterminés à poursuivre Kalev et consorts, c'est parce que nous voulons que dans le futur, qu'il n'y ait plus ça. On nous a arrêtés et on nous donnait de graines d'haricots qui ne dépassaient pas 20 graines. Un petit poisson était découpé en quatre.

Vous aviez vu comment Ewanga avait été déshabillé. Gecoco pissait du sang. Moi-même, mon pied était gangrené. Kalev doit payer ce qu'il a fait. Il est parmi les gens qui ont induit en erreur l'ancien président Kabila.

Tant qu'on ne vous a pas encore arrêté, torturé et agressé physiquement, c'est difficile de comprendre ce que nous avons enduré, nos familles... Si on ne trouve pas gain de cause ici, on ira à l'internationale. Tôt ou tard, on va gagner », a martelé Jean -Claude Muyambo.

De son côté, Jean Bertrand Ewanga a déclaré : « Pour mon cas, M.Kalev doit prouver que j'ai offensé le Chef de l'État. J'étais acheminé à la Cour suprême.

En tant que député national avec immunités, je suis resté comme député et payé par l'Assemblée nationale et le bureau a considéré que j'étais innocent.

12 mois de prison ferme, je suis sorti aguerri. Nous avons salué la détermination du président Félix Tshisekedi qui nous a rendu visite en prison.

On m'a tiré de partout par la police et j'étais déshabillé en public dans la salle d'audience devant des enfants. Kalev lui-même m'a appelé et m'a menacé. Quand on est venu m'arrêter, mes enfants ont été brutalisés et tabassés. On m'a renversé par terre. J'ai eu le passeport 8 mois après ».

Prenant la parole pour éclairer davantage la lanterne de la presse, Me David Tshimanga, avocat de Gecoco, a souligné que son client avait porté plainte au parquet général près la Cour de cassation en son temps, mais cette plainte était restée sans suite.

Il a rappelé que son client était incarcéré et mis dans de mauvaises conditions : graines de haricots comme nourriture, lieu d'urine et de grands besoins insupportables pendant environ 90 jours passés en prison.

On lui avait placé des sondes sans anesthésie. Le Procureur général de la République lui avait accordé la liberté provisoire mais, l'OPJ qui agissait par délégation de pouvoir s'était opposé à l'ordonnance de libération émise par le haut magistrat.

Interrogé au sujet du fait que Kalev agissait sur l'ordre de la haute hiérarchie, le conseil de Gecoco Mulumba a relevé qu'il y a effectivement une responsabilité civile de l'État congolais. Cependant, Kalev s'est rendu pénalement responsable d'actes infractionnels. Dorcas NSOMUE

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