Gabon: Sydonia world - « Il n'est pas du tout question que l'on revienne à l'ancien système » dixit Dieudonné Lewamouho Obissa, Directeur général des Douanes

18 Février 2020

Face à une polémique qui n'avait pas lieu d'être selon l'administration publique autour de la mise en œuvre et de l'utilisation du logiciel Sydonia world dans la gestion des transactions douanières, le Directeur général des Douanes et des Droits Indirects a récemment entretenu la presse sur l'efficacité de ce logiciel qui est dans sa dernière version, la plus moderne et sécurisée.

Pour Dieudonné Lewamouho Obissa, le système ne souffre d'aucun dysfonctionnement. Tout est une question d'appropriation de la part des transitaires.

Après le communiqué supposé du groupe Bolloré qui pointait du doigt des dysfonctionnements dans l'utilisation du logiciel Sydonia world, le Ministère de l'Economie avait rappelé à l'ordre Bolloré Transport et Logistics qui avait dû présenter des excuses en reniant tout implication dans le supposé communiqué.

Pour l'administration des Douanes, il convenait de faire la lumière sur l'état actuel de ce logiciel qui est encore géré par l'équipe Afrique francophone de la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), concepteur du logiciel.

D'entrée de jeu, Dieudonné Lewamouho Obissa a indiqué que le logiciel est nouveau, et qu'il a été lancé en deux phases : « La première avait consisté, il y a plusieurs années, à migrer de Sindara vers Sydonia ++.

Et depuis août 2019, nous sommes en train de faire l'expérience de Sydonia World qui est une application conçue par la CNUCED et qui, aujourd'hui, fonctionne dans plus de 85 pays.

Depuis le 13 janvier 2020, nous avons migré vers Sydonia World au niveau de l'ancien port d'Owendo. A ce jour, tout se passe correctement, mis à part quelques difficultés enregistrées lors du lancement ».

Le logiciel semble bien se comporter depuis son lancement selon les explications du Directeur général des Douanes, qui n'a pas hésité à pointer du doigt, les opérateurs qui n'ont pas formé le nombre requis des agents à même de gérer le logiciel de façon optimale.

« Tout porte à croire que ces derniers refusent délibérément la mise en place de ce logiciel. Pour quelle raison ? Je n'en sais rien. Nous tenons à rappeler qu'avant la mise en place de ce nouveau système, plusieurs opérateurs économiques ont été formés.

Des formations assurées par les équipes de la Douane qui elles-mêmes, ont été formées par la CNUCED. Si les douaniers ont pu assimiler le fonctionnement de cet outil, pourquoi les opérateurs économiques ne le pourraient pas ? », a-t-il renchéri.

Même si Dieudonné Lewamouho Obissa ne veut pas le dire clairement, il est clair que ce logiciel n'est pas le bienvenu dans les transactions douanières, puisque dans son fonctionnement, il ne permet plus les têtes à têtes entre les opérateurs et les douaniers, ce qui complique lourdement certaines facilités entretenues par des pots de vin qui créaient un manque à gagner dans les caisses de l'Etat.

Sinon, comment comprendre le refus de certains opérateurs économiques à sortir leurs conteneurs du port s'ils ne se sont pas jusque-là ouvertement reconnus dans le communiqué qui a été attribué à Bolloré ? Tout semble ouvertement aller pour le mieux, étant donné que personne ne boude.

Il s'agirait d'un faux débat pour le Directeur général des Douanes. « Lorsque vous avez un opérateur qui a trente (30) déclarants et qui n'envoie en formation que deux (2), cela va forcément se traduire par une sous-utilisation du logiciel, compte tenu de la charge de travail.

Certains opérateurs économiques ont clairement douté de la capacité de l'administration des Douanes à mettre en place de Sydonia World.

Voilà un aspect de la réalité. Par ailleurs, pour l'administration, ce logiciel améliore un certain nombre de choses. Il s'agit notamment de la prise en compte des recettes, la gestion de certains régimes douaniers et toute chose qui devrait plutôt satisfaire les opérateurs. Pour les Douanes, Sydonia World ne souffre d'aucun dysfonctionnement ».

Selon, l'administration douanière, l'utilisation de Sydonia world devrait améliorer des recettes douanières de l'ordre de 15 à 20%. Cet horizon ce sera cependant possible que lorsque l'utilisation du logiciel sera optimale et couvrira l'ensemble du territoire national.

A cet effet, « Nous disposons justement d'un chronogramme d'actions pour atteindre cet horizon. Nous pensons qu'à la fin de l'année 2020, l'ensemble des sites douaniers du pays aura migré vers Sydonia World.

Nous sommes actuellement sur le bureau 110 de l'ancien port d'Owendo. Nous avons déjà terminé avec le New Owendo International Port (NOIP, ndlr) » a-t-il expliqué à la presse.

Présent à cette rencontre, Benoît Jean Marc, représentant régional de la CNUCED pour l'Afrique francophone a signifié pour sa part sur la situation que « nous avons démarré depuis le 13 janvier, nous sommes dans une phase de stabilisation et de finalisation du démarrage, qui est terminée maintenant.

Finalement nous sommes victime d'une phase de déstabilisation. On sent qu'il y a des réticences de certaines personnes contre le système. L'objectif de ces personnes est, qu'on revienne à l'ancien système.

D'un côté, ce qui se passe ne me surprend pas. Mais c'est une réaction normale des personnes qu'on dérange parce qu'on va à l'encontre de leurs pratiques ». Pour celui qui travaille depuis 15 ans à la CNUCED, le système actuel n'a pas de problème de fonctionnement.

Le chronogramme prévoit d'optimiser en mars le logiciel dans les autres bureaux de Libreville (l'aéroport, le port-môle, les colis postaux et Nkok). Au mois d'avril, ce sera au tour de l'intérieur du pays.

Pour l'heure, en plus de la cellule de veille qui est ouverte tous les jours jusqu'à 21 heures, les sessions complémentaires de formation adressées aux opérateurs économiques se poursuivent, afin de permettre une gestion efficace du logiciel par ces acteurs clés des activités douanières.

Dieudonné Lewamouho Obissa a insisté sur le fait qu'il ne cèdera pas à la pression tout azimut des opérateurs économiques. La mise en place du logiciel qui est déjà estimée à 60 % ira à terme.

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