Tunisie: Taux d'intérêt directeur - L'investissement des projets productifs en priorité

18 Février 2020

Le taux d'intérêt directeur est fixé en fonction de la conjoncture économique en plaçant en priorité la stimulation de la création de projets productifs aux dépens des financements de la consommation des particuliers. C'est que les projets productifs ont un impact sur le marché du travail et la création de richesse

Le taux directeur de la Banque centrale de Tunisie a connu, au cours des dernières années, une évolution compte tenu de la conjoncture économique nationale. En effet, au cours du mois de février 2020, ce taux a été de 7,750%, soit le même que celui du mois de janvier de la même année. En janvier 2019, le taux était de 6,750% contre 5,00% en janvier 2018. C'est dire que ce taux augmente en fonction des indicateurs enregistrés sur le plan national.

Après discussions et délibérations sur les points susmentionnés, le Conseil d'administration de la BCT, tenu récemment, a souligné la nécessité de consolider la stabilité du climat politique et social et d'accélérer le rythme des réformes pour rétablir la confiance des opérateurs économiques et promouvoir l'investissement privé, intérieur et extérieur, en tant que moteur principal de la croissance et de l'emploi. Aussi, le Conseil a décidé de maintenir inchangé le taux d'intérêt directeur de la Banque Centrale de Tunisie.

Stimuler les investissements

Le taux d'intérêt directeur n'est pas suffisant à lui seul pour attirer les investissements directs étrangers même s'il demeure une composante essentielle dans la décision d'investissement. Tout l'écosystème des affaires doit être favorable pour inciter les détenteurs de capitaux de venir en Tunisie pour créer leurs projets. Un système de veille est actif dans presque tous les pays du monde pour détecter les avantages les plus importants offerts par les pays qui accueillent les investisseurs. La Tunisie dispose, certes, d'avantages préférentiels pour attirer les investisseurs mais beaucoup reste à faire afin d'attirer les hommes d'affaires des quatre coins du monde. Pour devenir un hub d'investissements technologiques à forte valeur ajoutée, les autorités publiques ont intérêt à soigner le climat des affaires en commençant par assainir le système politique et en mettant en place une vision stratégique au sujet de l'économie et des investissements à moyen et long terme.

Les investisseurs ont besoin d'une visibilité pour les années à venir en matière d'investissement pour qu'ils puissent se décider à créer leur projet. En outre, les appréciations des agences de notation internationales sont prises en considération par les investisseurs. Récemment, l'agence Moody's a donné sa notation à la Tunisie en enregistrant certains points positifs qui doivent être consolidés à l'avenir afin d'améliorer le climat des affaires. Le maintien du taux d'intérêt directeur à un niveau stable, permet de stimuler les investissements locaux et étrangers. C'est que les promoteurs cherchent à contracter des crédits avantageux qui leur permettent de mener à bien leur projet sans alourdir les charges. La compression des coûts de production constitue une priorité pour les hommes d'affaires, et ce, dans un souci d'une meilleure compétitivité.

Les piliers de la croissance

La réduction du déficit budgétaire, l'amélioration des exportations et l'allégement des dépenses de l'Etat constituent autant d'indicateurs positifs pour l'Etat qui est appelé à gérer d'une façon rationnelle les deniers publics. Cependant, certaines mesures doivent être prises pour améliorer le climat des affaires en assurant la paix sociale grâce à des contrats d'augmentations salariales sur trois ans. Les arrêts fréquents du travail et les grèves autorisées ou illicites contribuent à la dégradation des conditions de travail et font fuir les investisseurs. D'où la nécessité de faire preuve de solidarité entre tous les partenaires sociaux et l'administration pour peaufiner le climat des affaires et permettre aux opérateurs économiques de travailler dans des conditions adéquates et un environnement compétitif.

La BCT procède parfois à l'augmentation du taux d'intérêt en vue de freiner la consommation. En effet, certains particuliers contractent régulièrement des crédits pour l'acquisition d'un logement, d'une voiture ou d'un bien d'équipement. Les financements abusifs pourraient diminuer les liquidités des banques qui sont toujours prêtes à fournir les financements demandés par les fonctionnaires. Or, elles manifestent parfois des réticences quand il s'agit de financer un projet productif car ces banques ne sont pas sûres de sa rentabilité et de son succès. Résultat : on finance les projets de consommation et on tourne le dos aux projets productifs, créateurs de postes d'emploi.

D'où l'adaptation du taux directeur en fonction de la demande des crédits. Les autorités publiques veulent toujours favoriser les projets productifs et éviter au maximum les crédits destinés à la consommation des particuliers d'autant plus que l'Etat ne dispose pas d'assez de liquidités pour de tels financements. La priorité est donnée à l'investissement aussi bien étranger que tunisien. Les banques commerciales ont intérêt à suivre cette orientation même si elles doivent encourir un risque plus ou moins grave.

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