Tunisie: La dissolution du parlement envisagée

Parlement tunisien

Le président Kaïs Saied a convoqué lundi dernier le président de l'Assemblée nationale et le chef du gouvernement sortant pour leur exprimer sa détermination à respecter la constitution.

Demain 20 février est la date butoir accordée au Premier ministre, Elyes Fakhfakh pour faire valider son gouvernement par l'Assemblée des représentants du peuple. Après avoir présenté samedi dernier la composition de son futur gouvernement, il s'est retrouvé devant la volte-face d'Ennahdha, le parti majoritaire à l'Assemblée nationale, lequel a annoncé son retrait alors que lui revenaient des portefeuilles comme la Santé, le Transport et l'Enseignement supérieur.

Du coup, des supputations ont commencé et vont dans tous les sens. Ennahdha brandit par exemple l'idée d'une motion de censure de l'Assemblée nationale contre le gouvernement de Youssef Chahed issu de l'ancien régime, toujours en place pour gérer les affaires courantes, en attendant la validation du gouvernement de l'ère Kaïs Saied. Ce parti d'inspiration islamiste imagine l'installation d'« une équipe gouvernementale de la majorité parlementaire ». Pas question ! La loi fondamentale sera respectée à la lettre, a réitéré le chef de l'Etat à Rached Ghannouchi, le président du Parlement (par ailleurs chef de file de Ennahdha) et à Youssef Chahed au cours d'une audience lundi dernier.

La rencontre visait, avant tout, à mettre le président de l'Assemblée nationale face à ses responsabilités et surtout de montrer que le président de la République reste le maître de la situation. Et sa boussole demeure la loi, d'où sa fermeté à affirmer que la crise actuelle ne débouchera pas sur la violation de la loi. L'article 89 de la constitution stipule en effet que « si, dans les quatre mois suivant la première désignation, les membres de l'Assemblée des représentants du peuple n'ont pas accordé la confiance au gouvernement, le président de la République peut décider la dissolution de l'Assemblée des représentants du peuple et l'organisation de nouvelles élections législatives dans un délai d'au moins quarante-cinq jours et ne dépassant pas quatre-vingt-dix jours ».

Ce sera donc la validation du gouvernement de Elyes Fakhfakh ou la dissolution du parlement et dans ce cas, Rached Ghannouchi et les parlementaires repartent solliciter le suffrage du peuple. La première tentative de formation du gouvernement de l'ère Kaïs Saied a été infructueuse en janvier dernier avec un Premier ministre proposé par Ennahdha.

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