Libye: Les négociations suspendues après le bombardement du port de Tripoli

Une vue aérienne de Tripoli, en Libye, depuis un avion de l'ONU (photo d'archives).

Tunis/Tunisie — GENEVE/TRIPOLI, 18 février (TAP) - Le gouvernement libyen internationalement reconnu a interrompu mardi les pourparlers entamés sous l'égide des Nations Unies, après le bombardement du port de Tripoli par les forces du maréchal Khalifa Haftar, qui tiennent l'est du pays et cherchent à s'emparer de la capitale.

Les négociations menées à Genève s'étaient ouvertes après le sommet organisé le 19 janvier à Berlin pour pérenniser le fragile cessez-le-feu obtenu un peu plus tôt par la Turquie et la Russie.

L'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar a annoncé dans un premier temps avoir visé un navire turc chargé d'armes, puis a indiqué par la suite avoir touché un dépôt d'armes. Des tirs d'artillerie lourde ont par ailleurs retenti tard dans la nuit dans certains quartiers de Tripoli.

Le gouvernement d'entente nationale (GEN) qui siège dans la capitale a ensuite annoncé dans un communiqué la suspension des pourparlers "jusqu'à ce que des initiatives fermes soient prises à l'encontre de l'assaillant". Il promet en outre de réagir "fermement à l'agression au moment opportun".

"Les négociations ne signifient rien sans un cessez-le-feu permanent garantissant le retour des déplacées et la sécurité de la capitale ainsi que des autres villes", ajoute le GEN rapporte Reuters.

La compagnie publique NOC dit quant à elle avoir procédé en urgence à l'évacuation de tous les pétroliers mouillant dans le port, où un missile s'est selon elle abattu à quelques mètres "d'un tanker chargé de gaz de pétrole liquéfié (GPL) hautement explosif".

"L'attaque d'aujourd'hui contre le port de Tripoli aurait pu entraîner une catastrophe humanitaire et environnementale", souligne Mustafa Sanalla, président du groupe pétrolier.

"La ville ne dispose pas d'installations de stockage de carburant opérationnelles (...) Les conséquences seront immédiates; les hôpitaux, les écoles, les centrales électriques et d'autres services vitaux seront perturbés", ajoute-t-il.

D'après les forces fidèles au GEN, l'ANL a tiré quatre missiles dans le port.

Selon des sources diplomatiques, la Turquie a envoyé plusieurs navires chargés d'armes et de véhicules lourds depuis janvier pour soutenir le GEN face à l'offensive lancée en avril par les forces d'Haftar, elles-mêmes appuyées par les Emirats arabes unis, l'Egypte, la Jordanie et des mercenaires russes.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Tunis Afrique Presse

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.