Maroc: Premier Congrès international du management du sport à Agadir

Sous le thème : "Le management global et globalisé du sport", l'Ecole nationale de commerce et de gestion d'Agadir, Université Ibn Zohr, a organisé récemment le 1er Congrès international du management du sport CIMAS'20.

A l'ouverture de cet événement international, Mohamed Hicham Hamri, directeur de l'ENCG-Agadir, a souligné l'importance de ce congrès qui coïncide avec le lancement du premier master en management du sport au niveau de Souss Massa. Il a rappelé la convention signée avec l'équipe du HUSA et l'Université Ibn Zohr et qui a permis la formation de plus de 500 étudiants bénévoles pour la participation à l'accueil des spectateurs lors des matchs au niveau du stade Adrar d'Agadir.

Pour sa part, Abdelhamid Ait Bihi, professeur-chercheur à l'ENCG-Agadir, président du comité d'organisation, a mis l'accent sur l'importance de cette rencontre pour un meilleur développement du secteur sportif au Maroc. Il a indiqué que « la valeur ajoutée de ce congrès est de permettre à des acteurs, des chercheurs en science du sport, des sociologues, des juristes, des institutionnels et des gestionnaires de se rencontrer autour d'une même table pour discuter des problématiques du sport ». Il a ajouté que le thème de cette édition montre que le management du sport est à la fois global et globalisé car les règlements, les pratiques, le mode de gestion et les styles sont internationaux.

Cette édition a connu la présentation d'une cinquantaine de communications animées par des experts venus du Maroc, de France, d'Algérie, de Suisse, de Tunisie, de Pologne, du Canada et du Cameroun. Ces communications ont porté sur les thèmes : la gouvernance, la performance sportive, la sociologie du sport (le cas des ultras), le sport et le développement territorial.

La première séance plénière a été consacrée à « L'investissement dans le secteur des sports et les freins à la création de SA par les associations support ». Elle a été animée par Abderrahim Rharib, professeur et chercheur à l'Université Hassan II de Casablanca. Dans son intervention, M Rharib a abordé les deux problématiques de notre sport : le problème de financement, les clubs peinent à inciter le secteur privé à investir dans le secteur. Le second problème est la gouvernance au sein des clubs qui continuent de le faire dans un cadre associatif.

Pour faire face à ces problèmes, le Maroc a promulgué la loi 30/09 du 24/08/2010 relative à l'éducation physique et aux sports. Ladite loi stipule : « Le développement du sport est le premier jalon dans le processus d'édification d'une société démocratique et moderne... (il) revêt une importance essentielle pour toute société aspirant à répandre les valeurs de patriotisme, de citoyenneté, de solidarité et de tolérance ».

Cependant, dix ans après, rien n'est fait, on continue à gérer en association, ajoute M. Rharib, car les présidents de ces associations manifestent une forte résistance à l'application de cette loi et évitent tout passage à une société anonyme (S.A). En effet, pour les clubs, créer une S.A c'est penser au management : une maîtrise pointue des finances, des ressources humaines (GRH), du marketing.

Dans son intervention, le professeur a insisté sur les articles 15, 17, 19 et surtout 118 qui stipule que «les dispositions de la présente loi entrent en vigueur à compter de la date de publication au Bulletin officiel des textes réglementaires nécessaires pour leur pleine application ». Or les décrets d'application tardent à être promulgués. Cependant, l'article 15 souligne que tout club disposant de plus de 50% de licenciés professionnels devrait se transformer en S.A et que toute association sportive ne se conformant pas à cette loi « dans un délai d'un an à compter de la date à laquelle elle satisfait à cette condition, aux dispositions des articles 15 et 16 ci-dessus est exclue des compétitions et manifestations organisées par les fédérations sportives » (article 17).

M. Rharib a conclu que la loi stipule que la création de S.A sportive est du ressort du Comité directeur de l'association et non pas du bureau du club alors la plupart des clubs ne disposent pas de cette instance.La deuxième séance plénière a été marquée par l'intervention d'Aziz Daouda, expert international en athlétisme sur «Le processus de fabrication de la performance ». M. Daouda a avancé cinq déterminants pour une meilleure fabrication de la performance sportive :

- Un potentiel humain exceptionnel: on ne peut pas faire d'une personne un champion si elle manque de potentiel : s'engager à faire du sport ;

- L'intégration dans le secteur sportif des connaissances scientifiques;

- Les lois et les règlements : le monde assiste à une évolution des lois pour permettre aux sportifs d'acquérir une meilleure performance (l'exemple du VAR introduit dans la pratique du football et qui a limité la tricherie);

4) La clarté des objectifs : partir des réalités et des moyens de l'association sportive ;

5) La culture du défi : l'athlète marocain a un important potentiel mais il ne cherche pas à être champion.

Les autres débats et discussions se sont axés sur "la psychologie dans le sport", "la sociologie du sport", "le droit du sport", "la gestion des installations sportives", "le sport-business", "l'entrepreneuriat dans le secteur sportif", "les stratégies territoriales liées au sport", "la géopolitique du sport", "le rôle du sport dans les stratégies publiques", "le tourisme et le sport", "le sport et la santé", et "l'impact territorial du sport».

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