Afrique du Sud: Les violences contre les femmes utilisées comme argument au Parlement

Alors que le sujet reste une priorité nationale, avec une femme tuée toutes les trois heures et plus de cent plaintes pour viol enregistrées par jour par la police, des députés ont utilisé la thématique pour accuser leur adversaire d'avoir maltraité leur conjointe. Cette passe d'armes s'est déroulé lundi lors du débat au Parlement du Cap, suite au discours du président sur l'état de la nation. Les réseaux sociaux ont pris le relais.

Les vidéos de cette session parlementaire tournent désormais en boucle sur Twitter, et suscitent des réactions indignées. Alors que Julius Malema, le chef du parti des Combattants pour la liberté économique (EFF), prend la parole, le député de l'ANC Boy Mamabolo lui rétorque :

« Les violences contre les femmes se déroulent aussi chez vous. Le sujet a été évité trop longtemps : vous maltraitez votre femme. Nous voulons que vous vous teniez ici, et que vous nous assuriez que si c'est vrai, vous allez vous excuser. Ma question pour vous est la suivante : est-ce que vous maltraitez votre femme ? »

En retour, le leader de la gauche radicale a à son tour accusé le président Cyril Ramaphosa d'avoir battu son ex-femme, aujourd'hui décédée. Un échange qui constitue une insulte pour les femmes qui se mobilisent depuis des mois pour dénoncer le problème des violences sexistes. Lelo par exemple, serveuse de 21 ans, reste dépitée en regardant ces vidéos :

« Je pense que c'est vraiment pathétique. Ils n'ont même pas vraiment abordé le sujet, ils se sont contentés de se renvoyer la balle. Les féminicides sont sérieux en Afrique du Sud, nous sommes descendues dans les rues pour manifester... Mais j'ai l'impression que c'était une vague qui a maintenant diminué. C'était un sujet important lorsque nous avons manifesté, et maintenant tout le monde s'en fiche. Ce sujet doit être traité au niveau national, et aujourd'hui rien n'est fait. »

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Plus de: RFI

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