Congo-Kinshasa: Révision ou inanition ?

Méprisée par les uns et appréciée par les autres, au départ, la Constitution de la RDC était peu estimée par certains protagonistes politiques qui s'opposaient à sa publication mais aussi à sa vulgarisation à travers les 11 ex grandes provinces de la RDC.

Aujourd'hui, les années se sont passées. Comme par magie, la pauvre Constitution a résisté face à des formules obscurantismes de sa révision, ou celle de l'inanition de la Nation prônée autrefois par certains assoiffés du pouvoir de l'ancien régime. Quoiqu'étonnant, cette Loi fondamentale a totalisé 14 ans d'existence, sans subir une révision globale et approfondie. Ainsi, ce statuquo suscite des émois et des interrogations dans le chef de quelques politiciens. D'aucuns prêchent le courant des réformes profondes, d'autres par contre, craignent à ce que certaines brèches "intangibles" soient-elles, puissent être ouvertes dans l'optique de prolonger par exemple, le nombre de mandats du Président de la République.

Delly Sesanga, Député national de surcroît, a haussé le ton en initiant un projet des lois à l'Assemblée nationale via son groupe parlementaire "pour corriger les faiblesses de la Constitution, pas en détricoter les textes". Comme pour dire que certains, s'appuyant sur leur majorité parlementaire, peuvent exploiter l'occasion consacrée à l'examen de cette Loi fondamentale afin de tripatouiller quelques dispositions constitutionnelles. Parmi des réformes annoncées, l'incontournable question de la double nationalité interdite par l'article 10 de la même Constitution, le scrutin présidentiel à deux tours et pour éviter le cas de corruption, élire les sénateurs et Gouverneurs au suffrage universel direct.

Bref, tous ces points nécessitent une révision Constitutionnelle. Faisant le contraire, l'on ira tout droit vers ce que l'on qualifierait de l'inanition de la Nation dans la mesure où les réalités d'hier ne s'adaptent plus forcément à celles d'aujourd'hui. Félix Tshisekedi alors candidat à la présidentielle de décembre 2018, avait promis à son tour de se pencher sur ce cas. Où en est-il aujourd'hui ? Dépourvu de la majorité parlementaire, le Président de la République est obligé d'être en odeur de sainteté à chaque instant avec son partenaire Kabila, Chef de file du FCC, pour voir exaucer sa vision en ramenant par exemple le scrutin présidentiel à deux tours et l'élection des sénateurs et gouverneurs au suffrage universel direct au lieu d'indirect qui facilite la corruption. Comment y arriver et à quel prix ? Cela s'annonce difficile mais pas impossible. Tout dépend de la volonté de la part de ceux qui veulent voir avancer le pays.

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