Libye: Le président turc s'oppose à un contrôle de l'UE sur les armes

Le 19 février, le chef de l'Etat turc, Recep Tayyip Erdogan, a haussé le ton face à la décision de l'Union européenne (UE) de déployer en Libye une mission militaire pour contrôler l'embargo sur les armes.

L'Union européenne envisage d'envoyer fin mars des navires de guerre dans les eaux à l'Est de la Libye pour contrôler le respect de l'embargo décrété par les Nations unies sur les livraisons d'armes en Libye. Un projet qui devrait remplacer l'opération navale Sophia, lancée en 2015. Celle-ci avait pour mission de contrôler le flux de migrants au départ de la Libye et s'assurer du respect de l'embargo imposé par les Nations unies depuis 2011.

Pour le président turc, cette nouvelle initiative européenne n'a pour ambition que de « s'ingérer dans la région ». « Je tiens à mentionner spécifiquement que l'UE n'a pas le droit de prendre une décision concernant la Libye », a déclaré Erdogan lors d'un discours aux parlementaires de son parti. « L'UE essaie de prendre la situation en main et d'intervenir », a-t-il ajouté.

Le conflit libyen, débuté en 2011 à la mort de Mouammar Kadhafi, a pris de nouvelles proportions depuis quelques mois avec l'ingérence de plusieurs puissances étrangères qui apportent leur soutien d'un côté au gouvernement reconnu par l'Onu, et de l'autre, au maréchal Haftar, basé à l'Est et opposant féroce au pouvoir de Tripoli.

La Turquie et le Qatar soutiennent ainsi ouvertement le gouvernement de Tripoli, tandis que les Emirats arabes unis, l'Egypte, la Russie, de même que la France apportent leur appui au maréchal Haftar.

Le nouvel embargo décrété par l'ONU devrait permettre d'atténuer les hostilités entre les deux camps. Fayez Al-Sarraj, le chef du gouvernement basé à Tripoli estime cependant qu'il « n'a aucun sens » tant que l'opération navale de l'UE ne se limite qu'aux frontières maritimes, a-t-il déclaré lors de sa visite au port de Tripoli, victime d'une attaque.

Ce regain de violence a poussé le chef du gouvernement à se retirer des pourparlers de paix de Genève négociés par l'ONU. Une décision saluée par son allié, le président Recep Tayyip Erdogan.

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