Cameroun: Langues maternelles - Et si on essayait l'école multilingue ?

Le secrétaire d'Etat auprès du Minedub a effectué une descente à l'école publique du Centre administratif, établissement pilote du projet, hier à Yaoundé.

Ambiance studieuse hier à l'école publique du Centre administratif à Yaoundé, l'un des établissements expérimentaux de l'enseignement multilingue au Cameroun. Le temps d'une lecture guidée en ewondo au CM1, Asheri Kilo, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education de base (Minedub), s'est glissée dans la peau d'une élève, pour suivre le cours dispensé dans cette langue locale. Madame Assomo, enseignante de langues a toute l'attention de la salle. Une phrase énoncée ou écrite sur le tableau en ewondo, suscite l'engouement de tous les élèves qui ont les doigts levés. « Zogo a dugan adzal », entendez « Zogo rentre au village », déclare l'enseignante, tout de suite reprise en chœur par les élèves impliqués dans l'exercice.

Ce qui force l'admiration de cette élève spéciale et lui arrache des applaudissements nourris. Au bout de près de 30 minutes de cours, Asheri Kilo s'est dite « très impressionnée » de voir de très jeunes élèves intéressés dans l'apprentissage de l'ewondo. « Ces enfants viennent de toutes les régions du pays. Et vous-mêmes avez vu l'implication de tous les élèves lorsque leur maîtresse posait des questions. Tous les doigts étaient levés pour répondre », s'est réjouie Asheri Kilo, qui a tenu à souligner l'importance de l'apprentissage de la langue maternelle. « Le chef de l'Etat insiste dessus au niveau des écoles. Ceci parce que la langue unit des peuples », a expliqué le secrétaire d'Etat pour qui cette descente sur le terrain s'effectuait en prélude à la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle qui se commémore demain. Avec pour thème : « La langue sans frontières ».

« Les langues n'ont pas de barrières. Raison pour laquelle, le président de la République, Son Excellence Paul Biya insiste sur le fait que les langues ne doivent pas causer des dissidences entre les Camerounais, mais plutôt les unir », a ajouté Asheri Kilo. Le projet ayant débuté en 2013, le Minedub compte actuellement 43 écoles expérimentales multilingues dans tout le pays. Plus précisément dans quatre régions : l'ewondo dans le Centre, le bassa et le duala dans le Littoral, le fulfulde à l'Extrême-Nord et le ghomala' à l'Ouest. « Il convient de préciser que l'enseignement multilingue est celui qui utilise les langues maternelles comme discipline au même titre que le français et l'anglais. Il est démontré que l'enfant qui commence les apprentissages dans sa langue maternelle enregistre de meilleures performances en lecture, écriture et compréhension que celui qui commence directement en français ou en anglais », a confié Séraphine Ben Bolie, coordonnatrice du programme « Ecole et langues nationales » en Afrique. L'objectif de cette expérimentation est d'améliorer le rendement scolaire des enfants et en même temps, de résoudre le problème de la non maîtrise de la lecture et de l'écriture.

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