Sénégal: Dakar/Bamako Ferroviaire - Les travailleurs dans une vive inquiétude

20 Février 2020

Les travailleurs de Dakar-Bamako ferroviaire sont dans la tourmente depuis l'annonce de la fin de la phase transitoire. Ils dénoncent une tentative de sabotage du plan de relance du chemin de fer et exigent la reprise des activités du corridor ferroviaire dans les meilleurs délais.

Depuis trois ans, le train n'a pas sifflé entre Dakar et Bamako. Cette situation est causée par la résiliation du contrat de concession de Transrail. À la suite de cette cessation, un comité de gestion de la phase transitoire bi-étatique a été mis en place pour poursuivre la gestion en attendant un nouveau schéma.

Toutefois, ce comité n'a pas obtenu les résultats escomptés parce que le montant annoncé pour la relance n'a pas été décaissé. Face à ces difficultés, les États du Sénégal et du Mali se sont concertés pour nommer Kibili Touré comme administrateur général de Dakar-Bamako ferroviaire.

Ce dernier a alors proposé un plan de sauvegarde budgétisé à hauteur de 10 milliards de FCfa par État.

«Ce budget n'a pas été alloué jusqu'ici», déplore le Secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs du rail (Sutrail), Mambaye Tounkara, par ailleurs Président de l'intersyndicale Dakar-Bamako, à l'issue d'une assemblée générale à Tambacounda mardi dernier.

Cela est d'autant plus regrettable, dit-il, qu'à la suite de la déclaration du Chef de l'État, Macky Sall, le 31 décembre 2019, les cheminots avaient bon espoir que les choses s'amélioreraient.

«Le Président de la République, rappelle M. Tounkara, avait opté pour la réhabilitation tout en estimant nécessaire, en attendant d'y parvenir, d'amorcer le processus de relance avec la réception de six locomotives qui devaient être disponibles au premier trimestre de l'année 2020».

L'inquiétude des travailleurs a été davantage éveillée par le fait que les autorités de tutelle du Sénégal et du Mali aient dernièrement mis fin à la transition. Il a également été proposé un projet de chemin de fer du Sénégal qui devrait être géré par un nouveau Directeur général.

Cela en a rajouté au courroux des cheminots d'autant que «le Directeur général de l'Agence des nouveaux chemins de fer, Abdoulaye Lô, s'est autoproclamé (sic) gérant de cette nouvelle société en attendant sa mise en place.

Et pourtant, aucun acte juridique ne l'a confirmé. Le Port autonome de Dakar, qui était deuxième en termes de performances sur le continent africain, est aujourd'hui en cinquième position à cause de l'arrêt du trafic ferroviaire.

Quatre cents (400) voire 500 camions y sont stationnés», fustige le leader syndical. Ce dernier fait observer que l'administrateur de Dakar Bamako ferroviaire a proposé un projet de reprise des activités avec un port sec à Tambacounda destiné au désengorgement du port de Dakar.

Le projet de location de six locomotives dont cinq de ligne et une manifestation de cette volonté de reprise dans les plus brefs délais.

Aux yeux de Mambaye Tounkara, il ne faudrait pas saper tous ces efforts. Pour montrer leur détermination à sauvegarder leur outil de travail, les travailleurs n'excluent pas d'organiser un rassemblement à Thiès et de marcher jusqu'à Dakar.

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