Congo-Kinshasa: Est de la RDC - Jean-Claude Katende - « Tout silence sur la tragédie de Beni est un crime »

Dans cet appel, ce défenseur des droits de l'homme et penseur libre exhorte toute la nation congolaise à entendre et faire entendre la voix de Beni qui vit une situation d'insécurité et des massacres à répétition depuis plusieurs décennies déjà. Il réclame un discours mobilisateur de la part des autorités et conseille des discours à la hauteur de ce qui se passe dans cette partie du pays.

Le président de l'Association africaine de défense des droits de l'homme (Asadho), Jean-Claude Katende, conseille les Congolais à « entendre la voix de Beni ». Pour ce penseur libre, l'on devra éviter le fanatisme qu'il soit fondé sur la tribu, l'appartenance politique ou le gain matériel ou financier, dans la gestion de cette situation que traverse cette partie du pays. « A cause de nos analyses subjectives, souvent dictées par nos penchants politique ou et tribal, nous sommes toujours pris au dépourvu par le revirement de la situation. A cause de notre naïveté, nous sommes toujours rattrapés par nos propres erreurs. Nous devons nous remettre en cause tous », a-t-il écrit dans sa page d'opinions libres du 20 février 2020.

Un discours mobilisateur de la part des autorités

Jean-Claude Katende trouve important, au vu des moyens humains, financiers et matériels que le gouvernement investit dans la guerre dans l'est du pays, en regardant les résultats, de se demander si l'on fait de choix stratégiques dignes d'un Etat qui veut gagner la guerre ou pas. Sur le terrain, fait-il savoir, le gouvernement a déployé vingt et un mille hommes de troupes et, vingt et un généraux sont sur place pour l'encadrement et le soutien moral des soldats. Mais le juriste fait noter, par ailleurs, qu'avec un tel déploiement, il y a eu encore, au mois passé, quatre cents personnes massacrées à Beni et ses environs. « N'est-ce pas un sujet de préoccupations ? Est-ce que nous avons le droit de garder silence devant ce qui se passe à Beni et ses environs ? Est-ce que la nation tout entière entend la voix de Beni ? » s'est-il demandé.

Face à ces réalités, le président de l'Asadho dit réclamer un discours mobilisateur de la part des autorités du pays. La nation est en guerre, dit-il, et nous voulons des discours à la hauteur de ce qui se passe à Beni.

Pour Jean-Claude Katende, apparemment le nombre de personnes massacrées dans cette partie du pays ne donne aucun message à tous les Congolais. «Nous ne devons pas nous habituer à ce qui se passe à Beni et ses environs. Les autorités publiques doivent accepter que les Congolais qui veulent organiser des marches pour soutenir les habitants de Beni ou protester contre les Etats voisins impliqués dans la tragédie de l'Est puissent le faire normalement. L'interdiction ou la répression de toute manifestation pacifique sur ce qui se passe à Beni frise la complicité de certains gouverneurs des provinces », a indiqué ce penseur libre, tout en notant que « tout silence sur la tragédie de Beni est un crime ».

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