Sénégal: Impact de la journée nationale de nettoiement - Des Dakarois saluent le retour de la salubrité

20 Février 2020

Les Dakarois apprécient l'élan de salubrité dans les quartiers de la capitale qui épousent un visage plus attrayant. Les rues et les ruelles sont de moins en moins jonchées de déchets. Des Sénégalais interrogés se préoccupent, toutefois, de la pérennisation de cet acte civique.

Les tas d'immondices ne sont plus visibles sur les deux voies de Front Terre. L'air est respirable. En les remontant, on se retrouve au rond-point Liberté 6.

Ici, les panneaux publicitaires ne tapissent plus l'horizon aussi bien pour les piétons que pour les automobilistes. Personne ne jette une pierre sur la journée mensuelle de propreté. Les emprises publiques ne sont plus encombrées.

La note qui sort de la bouche des usagers est positive. « Nous avons un autre rond-point Liberté 6. Nous avons plus de visibilité pour le trafic, et surtout pour contourner cette intersection », témoigne un automobiliste au volant de sa voiture.

Une riveraine de cette grande intersection, Fanta, ne s'attarde pas sur le nouveau visage du Rond-point Liberté 6. Ce n'est pas la première fois qu'elle a assisté aux opérations de nettoyage et de déguerpissement.

« Nous voulons que ces artères soient libérées une bonne fois pour toute. Après les opérations de démolition ou de nettoiement, les marchands reviennent s'installer et dégrader le cadre de vie », se préoccupe Fanta.

Comme elle, Haby Kane, une fonctionnaire qui vient de prendre sa retraite, regrette la résignation collective face à la montée de l'incivisme ambiant. Pour elle, il n'y a pas d'autre issue que de s'inscrire dans la rupture.

« Il est impératif de changer de comportements. Nous saluons l'idée du Président de la République de faire du Sénégal un pays propre. Mais ce sont les Sénégalais qui doivent traduire cette idée en actes », clame Haby Kane.

Non loin de Liberté 6, à la Scat Urbam, les rues et les ruelles ne sont pas jonchées de déchets. C'est l'indice d'un début de changement de comportements aux yeux d'Aminata Kane.

« Le nettoyage des quartiers n'a rien à voir avec la politique, parce que ce n'est pas le Président de la République qui vit ici à Scat Urbam ; nous devons en faire une affaire personnelle. Je suis choquée parce que dans ce quartier, beaucoup de résidents n'étaient pas sortis pour nettoyer, le jour-j », regrette Aminata Kane.

Comment éviter la réoccupation des espaces libérés ? Comment maintenir propres les sites nettoyés ? Ces interrogations reviennent dans le discours des personnes interrogées. Les réponses de beaucoup d'entre elles tranchent avec la langue de bois.

A l'Unité 6 des Parcelles assainies, Oumar Lô, qui participe aux opérations d'investissements humains, propose l'application de sanctions. Pour lui, « la récréation a trop duré ». Sa proposition est partagée par Souleymane Ndao qui habite Cité Fadia.

« Je fais partie de ceux qui pensent que la lutte contre l'insalubrité ne sera efficace que si elle est accompagnée de sanctions contre ceux qui salissent les sites nettoyés », tranche Souleymane Ndao.

Au rond-point Case-Bi, Fatou Samaké n'entrevoit pas un changement de comportements sans une présence dissuasive des forces de sécurité.

« Il faut une brigade chargée du suivi des sites libérés ou nettoyés », recommande la dame. Aujourd'hui, les autorités accordent la priorité à la lutte contre la réoccupation et la dégradation des sites désencombrés.

Plus de: Le Soleil

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