Guinée: Polémique sur la prise en charge des blessés lors des manifestations

La polémique monte autour des blessés au cours des manifestations organisées chaque semaine par le FNDC, qui tente de mobiliser les citoyens contre le projet de réforme de la Constitution. Un projet qui ouvrirait la voie à un éventuel troisième mandat d'Alpha Condé.

Les blessés des manifestations sont-ils pris en charge à temps ? Et dans quelles conditions ? Ces derniers jours, le Front national pour la défense de la Constitution accuse les structures hospitalières publiques et la Croix-Rouge guinéenne de refouler les victimes des violences des manifestations.

Pour le Comité international de la Croix-Rouge « secourir les victimes est une priorité ». Mais « les garanties de sécurité sont insuffisantes pour effectuer ce travail depuis [mi-octobre] », assure cette organisation humanitaire sur son compte Twitter. Résultat : les équipes du CICR n'interviennent plus lors des journées de mobilisation.

Nous suivons de près la situation humanitaire en Guinée.

Notre partenaire, la Croix-Rouge Guinéenne, a transporté des dizaines de blessés lors des manifestations de mi-octobre.

Malheureusement, les garanties de sécurité sont insuffisantes pour effectuer ce travail depuis lors.

Pourtant, ces dernières semaines, les actions du FNDC s'assimilent plutôt à des journées « ville morte ». « Officieusement, le gouvernement a interdit aux équipes médicales d'agir sur le terrain sans leur aval », déplore un militant des droits de l'homme.

Les « doutes » du gouvernement

« Faux », rétorque une source au sein du gouvernement, qui évoque des mesures « draconiennes » instaurées pour mieux retracer l'identité des personnes qui déposent les blessés dans les hôpitaux... Le gouvernement émet des « doutes sérieux sur la provenance de dépouilles et sur les circonstances de leur mort », explique cette source.

Le directeur de l'hôpital Ignace Deen de Conakry rejette les accusations du FNDC : « Nous sommes des médecins et non des politiciens », insiste le Dr Mohamed Awada. « On reçoit les corps », assure ce responsable.

De son côté, le FNDC déplore 38 morts et plusieurs dizaines de blessés... Le FNDC affirme avoir évacué les blessés de manière informelle dans des cliniques privées depuis janvier. Quant aux victimes, « elles sont enterrées sans avoir fait l'objet d'une autopsie », s'indigne un activiste du FNDC.

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Plus de: RFI

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