Algérie: Un an après ses débuts, les victoires et les défis du Hirak

Il y a un an, les Algériens descendaient dans la rue. Première manifestation d'une ampleur inédite, qui a donné naissance au mouvement du Hirak. Un an après, les marcheurs sont toujours là même si le Hirak ne s'est pas formellement structuré et n'est pas devenu un interlocuteur reconnu par le pouvoir. La contestation n'a pas réussi à faire plier le système mais certains acquis sont indéniables.

La première revendication des manifestants était le départ Abdelaziz Bouteflika. Et c'est aujourd'hui peut-être la principale victoire qu'ils ont obtenue. L'ancien président a démissionné emportant avec lui le concept de présidence à vie.

Depuis les protestataires jouent les agitateurs, le pays est pris dans un tourbillon permanent. Le pouvoir a été contraint à une transition plus longue qu'il ne le souhaitait mais il ne s'est pas encore réformé en profondeur.

Le statu quo perdure au profit de certains caciques, pendant que d'autres, réputés jusque-là intouchables, ont été bannis ou emprisonnés, pour donner des gages au mouvement populaire. Des têtes sont tombées symboliquement et pas les moindre, puisque le frère même d'Abdelaziz Bouteflika dort aujourd'hui en prison.

Le nouveau président élu Abdelmajid Tebboune est cependant lui aussi un produit du système dont la contestation ne veut plus. Il s'en défend mais rechigne à lâcher du lest. Le bras de fer est donc loin d'être terminé. Les prochains mois seront décisifs pour savoir qui du Hirak ou du système en place montrera des signes d'essoufflement.

La conquête de l'espace public

Mais s'il y a une autre victoire dont peut se targuer le Hirak un an après sa naissance, c'est d'avoir permis aux Algériens de reprendre en partie possession de l'espace public, constate notre correspondante à Alger, Leïla Beratto.

Les rues du pays n'avaient pas connu une telle foule depuis l'indépendance. En manifestant chaque semaine pendant 12 mois, les Algériens, à travers le pays, ont permis ce qui semblait impensable un an plus tôt : se retrouver ensemble dans les rues pour une manifestation politique.

Même si l'état d'urgence avait été levé, les restrictions imposées par les services de sécurité étaient trop fortes pour permettre tout rassemblement. Désormais, la tolérance des autorités pour les manifestations s'exprime surtout le vendredi. Les arrestations sont encore fréquentes et les forces de sécurité tentent chaque semaine de limiter les accès à la capitale.

Malgré tout, l'ampleur de la mobilisation et le fait qu'elle se poursuive ont fait des Algériens une sorte de contre-pouvoir, ou du moins, un élément qui pèse dans la balance des choix politiques. En marchant dans les rues, les Algériens ont obtenu d'être écoutés.

Tous les soirs, entre 17h et 20h, il y a des débats. Le nombre varie, la qualité varie selon les jours. Mais il y a quand même eu un maintien durant un an, de cet espace de débats politiques.

À Annaba, les habitants participent tous les jours à un débat politique public

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Algérie

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.