Madagascar: Alasora - Un sexagénaire enterré chez lui par sa famille

L'épouse d'un homme âgé d'une soixantaine d'années a été arrêtée par la brigade criminelle lundi avec son fils et sa fille. Ils ont enterré le chef de famille dans sa chambre même, sans déclaration de décès et sans que les voisins n'en sachent rien.

Incroyable mais vrai. Des scènes de désolation ont mis en émoi les habitants d'Ankafy à Alasora. Lundi en fin d'après-midi, trois personnes d'une même famille ont été arrêtées par la brigade criminelle auprès de la police nationale, pour avoir enterrer l'un des leurs, dans leur propre foyer, décédé le mardi 11 février, le père de famille âgé de soixante-six ans a été enterré dans sa chambre à coucher. Sa femme, sa fille ainsi que son fils ont creusé le sol pour l'enterrer dans leur domicile, entre les quatre murs de la maison familiale.

La dépouille a été mise en terre sans déclaration de décès, ni constat effectué par un médecin. Même les voisins, le chef fokontany, ainsi que les membres du comité local de sécurité n'ont pas été informés de la disparition du sexagénaire. Après l'enterrement clandestin, le fils du défunt s'est présenté au chef fokontany d'Ankafy pour lui demander d'effacer le nom de son père du registre des habitants. En tirant les vers du nez du jeune homme, le chef fokontany a réussi à porter au grand jour la mort du chef de famille, ainsi que les obsèques à la hâte qui s'en suivaient.

Interrogé sur la raison pour laquelle le nom de son père devait être supprimé du registre, le fils aurait, dans un premier temps, essayé de mener en bateau le chef fokontany avant qu'il n'avoue la vérité, faute d'avoir trouvé une échappatoire.

Vindicte populaire

Questionné sur ce qui est arrivé à son père, il a fait savoir que celui-ci n'était plus, c'est alors que le chef fokontany a saisi la balle au bond pour enchaîner avec une série d'interrogations.Lorsqu'il a demandé, où et quand le chef de famille a été enterré, le chef fokontany a découvert que la dépouille avait été enterrée le mercredi 12 février, cachée dans leur foyer.

Après avoir découvert le pot-aux-roses, le chef fokontany a, d'emblée, prévenu la police. Lundi après-midi, lorsque les nouvelles ont fait le tour des environs, une cohue d'individus en état d'énervement s'est attroupée aux abords de la maison où le corps a été dissimulé. Parmi les badauds, certains ont montré du doigt les proches du défunt de l'avoir assassiné. Face à cette vive tension, les policiers de la brigade criminelle, ainsi que les gendarmes du poste avancé de la gendarmerie nationale à Alasora ont mis en place un dispositif de sécurité avant qu'ils n'embarquent la veuve du défunt, ainsi que sa fille et son fils.

Vivant dans la précarité selon un constat de visu, la famille pourrait bien ne pas avoir les moyens d'offrir au sexagénaire de dignes funérailles.

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