Madagascar: Retour sur la légende d'Etienne Ramboatiana dit Bouboul

La Grande île est un vivier d'artistes exceptionnels, dont la musique envoûtante s'imprègne de son identité culturelle. S'il y en a un dont le génie a su transcender toutes les générations, c'est bien Bouboul, un virtuose de la guitare malgache dont le nom reste éternel.

C'est un après-midi pluvieux. En pleine immersion dans mon travail, je m'accorde de temps en temps une visite sur les réseaux sociaux pour me divertir. C'est là que mon supérieur, féru de culture et d'art, mais également fin mélomane, attire mon attention sur un article, plus précisément sur un « hommage » à cet homme, cet artiste d'exception et par-dessus tout ce guitariste hors pair qu'est Etienne Ramboatiana, que beaucoup d'amateurs de guitare reconnaissent par son doux surnom de Bouboul.

Pour les plus jeunes, cependant, ce nom reste sans aucun doute inconnu, mais les plus anciens et même la génération de 1990, comme moi, Bouboul s'affirme comme une source d'inspiration, voire la référence par excellence pour tous les mélomanes de cette époque.

Ce même après-midi pluvieux, durant lequel je me suis alors plu à revisiter le répertoire d'Etienne Ramboatiana, fixant les gouttes de pluies qui ruissellent sur la fenêtre, je me laisse bercer par ces mélodies, enivré par la guitare de Bouboul. Un personnage taquin et pédagogue, mélomane avec toujours le mot pour rire, il est décrit comme l'un des meilleurs guitaristes contemporains, un virtuose du genre classique à l'instar des illustres Narciso Yépes et Andrés Segovia.

Né le 26 décembre 1930, il aurait eu 90 ans cette année. Pour vous donc, une légère piqure de rappel sur qui était ce guitariste malgache éminent qu'est Bouboul.

Un style bien à lui

La verve et la mélancolie de Georges Brassens, le tout mélangé avec une bonne dose d'humour à la Henri Salvador, c'est ainsi que l'on pourrait décrire au mieux le style de Bouboul. Il avait, toutefois, une touche bien à lui quand il se mettait en scène ou quand il nous chantait son histoire. Etienne Ramboatiana avait toujours mis en exergue ce côté théâtral qui accompagnait chacune de ses compositions. Avec toujours comme toile de fond, la mélodie de sa guitare. Il se plaisait continuellement à chanter et à jouer en même temps les personnages qu'il nous décrivait. On se rappelle notamment du titre My love, durant lequel il nous livre un monologue expressif en répondant aux avances d'un individu au téléphone. De même, avec son titre Efa mirefarefa, il nous submerge dès ses premières notes d'émotions et de nostalgie en illustrant en chanson la douceur de vivre à la campagne.

Un homme modeste, un guitariste de génie

C'est à travers un article rédigé par un journaliste anglo-saxon, Ian Anderson qu'Etienne Ramboatiana s'est, semble-t-il, le plus ouvert sur son parcours, alors qu'il est au summum même de son art. À travers la traduction de Maeva Ramanana-Rahary, le journaliste évoque un homme courtois, captivant, les yeux pétillants, contant avec douceur des anecdotes sur sa vie et une pluie d'informations historiques qui auraient pu remplir un livre sur l'histoire de la guitare à Madagascar et sur les Hautes-Terres.

Pour ma part, je me rappelle surtout de ce musicien qui s'apparentait plus à un grand-père gâteux et amusant, qui nous enchantait de ses récits à la guitare. Reconnu pour son humilité et son incroyable modestie, en tant qu'enfant des années 90, je l'ai surtout apprécié à travers les apparitions qu'il faisait sur la chaine de télévision nationale (TVM). Plus précisément dans l'émission Mbarakaly où, amateur d'humour, je me plaisais surtout à le regarder aux côtés des Nanahary et autres Dadavy de l'époque.

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