Cameroun: Macase joue les « Sérénades tropicales »

interview

En 2019, le groupe a lancé ce concept qui permet de vivre en live la musique et d'offrir une plateforme aux artistes.

Savourer de la musique en live, dans un espace taillé pour, et face à des artistes qui y mettent du cœur. Les « Sérénades tropicales » c'est ça, en quelques mots. L'initiative emmenée par le groupe Macase, convoque un artiste tous les mois, des musiciens sur scène, et un public affamé de bonnes vibes.

Elle s'ouvre chaque mois dans un espace disposé à l'accueillir. Lancé en 2019, la plateforme a déjà attiré de nombreux consommateurs, et ne compte pas s'arrêter là. D'après Serge Maboma, membre des Macase, la programmation court jusqu'en mi-2021.

Si en février 2020, le chanteur congolais Freddy Massamba a animé les « Sérénades tropicales », en mars prochain, le public est appelé à découvrir ou à redécouvrir Joyce Babatunde, une chanteuse résidant à Bamenda.

« Fredy Massamba était de passage au Cameroun pour un travail avec Krotal, et il a accepté de venir donner de la voix pour injecter de la force au projet. C'est exactement ce type d'artistes invités que nous espérons », a souligné Serge Maboma.

Le concept veut procurer de la visibilité à une certaine musique qui manque d'exposition. Les critères de sélection prennent en considération des artistes de « grand talent, des performeurs, qui n'ont pas souvent d'espace pour s'exprimer. »

A côté d'artistes rencontrés par les Macase au gré d'un spectacle, des célébrités de la musique internationale sont les bienvenues.

Le but est de crédibiliser suffisamment cette initiative, afin que d'emblée, les artistes associés aux « Sérénades tropicales » obtiennent la reconnaissance qu'ils méritent.

Le groupe Macase a lancé depuis l'année dernière une plate-forme baptisée « Les Sérénades tropicales ». Quels sont les objectifs majeurs de cette initiative ?

Depuis l'année 2019, nous avons lancé cette activité que nous appelons « Sérénades tropicales » dont l'objectif est de créer une plateforme grâce à laquelle les artistes pourront s'exprimer, et cette plateforme devrait permettre de créer la rencontre entre le public et les musiciens.

Nous partons du fait qu'actuellement, les artistes d'un certain type, particulièrement ceux qui continuent de croire au live répètent mais n'ont pas de lieu d'expression.

Nous nous sommes dit que si l'on s'organise entre nous, nous pourrions trouver un espace, et une fois que nous l'avons trouvé, nous l'emménageons.

Ensuite, on y fait venir le public, et on obtient un lieu de diffusion des concerts. La mission que nous poursuivons principalement c'est de permettre aux artistes d'avoir des espaces d'expression d'une part, et d'autre part de proposer aux mélomanes des endroits où ils peuvent consommer des spectacles de bonne qualité et de manière régulière.

Êtes-vous partis d'une observation générale du contexte musical camerounais pour mettre ce concept en place ?

En effet, nous avons pensé ce projet parce que nous avons constaté qu'au Cameroun, il n'y a pas de marché de musique live. Ici, les quelques moments où on peut l'écouter, la musique est souvent distillée dans des endroits qui ne sont pas destinés à cette perspective.

Quand on considère l'environnement culturel actuel du Cameroun, on constate qu'il y a une place pour les cafés concerts. Les personnes amoureuses de la musique de qualité doivent pouvoir la vivre où ils le désirent.

Nous voulons pallier un manque, car nombreux sont ceux qui me demandent où est-ce qu'ils peuvent écouter de la bonne musique. Nous avons trouvé en l'espace « All Star », notre premier partenaire qui a accepté de nous accompagner dans ce pari.

Actuellement, nous sommes en train de démarcher avec des propriétaires d'autres sites, sur lesquels nous allons communiquer dès que les accords seront finalisés.

Ces espaces, une fois mis en réseau, vont permettre aux artistes de sortir du système de paupérisation, car ils pourront enfin avoir une programmation sur l'année à l'intérieur du pays.

Cela peut dynamiser et créer un marché de consommation de la musique. Peut-on dire que « Les sérénades musicales » participent de cet engouement qu'on connaît au groupe Macase pour la formation ?

Je dirais plutôt que ce projet participe de l'engouement du groupe Macase pour la musique. Nous sommes fortement passionnés de musique depuis le temps, et nous pensons que nous avons les qualités pour être des « game-changers », proposer des choses nouvelles, car nous n'avons pas peur de l'innovation.

Certes, parmi les artistes qui vont se produire dans cette plateforme, plusieurs sont des éléments issus de notre Studio de Bastos, avec qui nous travaillons depuis, mais il y aura également des artistes internationaux qui vont venir étoffer et donner de la valeur ajoutée à ce projet.

Nous sommes conscients que c'est en mélangeant le plus de capacités et de compétences possibles que nous allons arriver à réaliser l'objectif qui est de crédibiliser l'activité musicale et la rendre importante aux yeux du public camerounais. Pour cela, il va falloir une implication de toutes les générations de musique.

Les « Sérénades tropicales » ont l'ambition de couvrir tout le territoire national. Nous ne voulons pas qu'il y ait un seul endroit au Cameroun où on n'écoute pas de la musique live. Après le plan national, nous allons nous attaquer à la sous-région.

Nous sommes conscients que pour que ça marche, il faut que les artistes acceptent de jouer le jeu de l'entreprenariat, que les propriétaires d'espace se rendent compte de l'importance d'une telle initiative pour leurs activités, et que le public qui se plaint de la qualité de la musique camerounaise accompagne ce type d'activités. Il faut savoir qu'on doit payer pour consommer du produit culturel.

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