Burkina Faso: 1,9 million de personnes ont besoin d'eau en urgence, selon Oxfam

Dans un rapport publié le 20 février, Oxfam écrit qu'1,9 million de personnes ont « urgemment » besoin d'eau au Burkina Faso. L'ONG craint que les déplacements de population qui concentrent la population burkinabé dans certaines zones du pays, ne provoque une crise humanitaire.

1,9 million de personnes seraient en manque d'eau au Burkina Faso, affirme Oxfam dans un communiqué publié ce jeudi. En cause, selon l'ONG, le nombre de déplacés dans le pays a été multiplié par dix l'année dernière, atteignant plus de 700 000 personnes aujourd'hui. Les Burkinabè fuyant les violences se concentrent dans certaines zones du pays, provoquant des tensions autour de l'accès à l'eau.

Pour Sosthène Konaté, le directeur d'Oxfam pour le Burkina Faso, il y avait déjà un problème d'accès à l'eau avant la crise sécuritaire. « Les conditions d'accès à l'eau n'étaient déjà pas faciles. Voire dans certaines localités, elles étaient déjà compliquées comme dans les régions du centre et du nord du Sahel. »

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Mais il ajoute que ces déplacements massifs de population aggravent le phénomène. « Les infrastructures hydrauliques déjà en place sont davantage sollicitées et se détériorent plus rapidement. » Ce cercle vicieux qui pourrait provoquer une crise humanitaire, selon Ofxam.

Les prémisses d'une crise humanitaire

L'accès à l'eau se raréfiant, la distribution d'eau potable est de plus en plus compliquée pour les populations, selon l'ONG. À Barsalogho par exemple, une ville du centre-nord du pays qui fait face à une arrivée massive de réfugiés, il est désormais deux fois plus difficile pour la population locale d'avoir accès à de l'eau potable, estime Oxfam.

« Plus de 2 millions de burkinabés ont besoin d'une aide humanitaire urgente cette année », écrit encore Oxfam.

La concentration de population sur certaines zones du pays, le manque d'hygiène indu par la difficulté d'accès à l'eau et les problèmes d'assainissement, augmentent le risque de déclenchement d'une épidémie, signale l'ONG. Ce risque est désormais « très important » selon elle.

Oxfam souligne déjà la hausse du nombre de maladies diarrhéiques observées dans le pays. Les conséquences d'une épidémie seraient « désastreuses dans ces zones où vivent amassées des milliers de personnes vulnérables et où les services de santé sont débordés et souvent trop chers pour ceux qui ont tout perdu dans leur fuite », écrit l'ONG dans son rapport.

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