Ile Maurice: Grand-Bassin / Compostage - Ces offrandes qui retournent à la terre

22 Février 2020

C'est avec le plus grand soin que les pèlerins les ont choisies.

Des pommes, des bananes, des noix de coco, des fleurs jaunes, des feuilles. Avec dévotion, durant toute la semaine, des familles entières se sont réunies autour du Grand-Bassin. Sur les petits autels à fleur d'eau, elles ont déposé des fruits, planté des bâtons d'encens dans des bananes et dit leurs prières. Une fois les rites accomplis et l'eau du bassin recueillie, les fruits, feuilles et fleurs ont été laissés sur place.

«À ce moment-là, il faut parler de déchets», explique-t-on au ministère de l'Environnement. Initiative 2020 : les autorités ont annoncé qu'elles vont procéder au compostage des déchets organiques récoltés durant la semaine de pèlerinage de Maha Shivaratree.

Sur place, jeudi, des préposés portant le gilet orange de la société Maxi Clean quadrillent le secteur. Déjà, quand on s'approche du lac, les poubelles installées le long de la route ne passent pas inaperçues. Vertes, avec un autocollant qui précise : «autres déchets». Marron, pour le papier et le plastique qui finiront à Mare-Chicose. Un œil dans les poubelles vertes montre que le message n'est pas encore reçu à 100 %.

Certains confondent encore les poubelles de tri et balancent du plastique dans les poubelles vertes.

«Ce qui est organique, c'est tout ce que l'on peut composter», affirme-t-on de manière pédagogique au ministère de l'Environnement. Qu'à cela ne tienne, on précise également que les sacs en plastique utilisés pour le ramassage des déchets organiques sont biodégradables.

Une autre source précise que c'est la Solid Waste Management Division du ministère des Collectivités locales qui a «fourni les détails techniques sur la méthode à être utilisée». Le conseil de district de Savanne se charge, lui, du ramassage. «Les déchets ne deviennent pas du compost du jour au lendemain. Pour le moment, il y a un terrain à côté de l'un des parkings à Grand-Bassin où ces déchets sont gardés. Ce n'est qu'après que l'on va s'occuper de cela». Une autre source indique pour sa part que les déchets iront «vers un terrain des Bois et Forêts à Avalon».

Interrogé, Kamalsaw Gajadhur, président du conseil de district de Savanne, souligne : «Sur place à Grand-Bassin, il y a un site où les déchets organiques sont enfouis.» En effet, près du parking, on nous guide jusqu'aux sacs- poubelles entassés. À côté, la machine qui écrase ces matières en lente décomposition.

À jeudi, y avait-il un relevé de la quantité de déchets organiques récoltés ? Après avoir déclaré qu'il n'avait pas de données disponibles, le président du conseil de district de Savanne s'est livré à un «exercice de logique». Selon lui : «sur cinq camions-bennes, quatre sont des camions de déchets organiques. Environ 75 % de ce qui a été récolté sont des feuilles».

Pèlerinages : 15 000 sacs biodégradables distribués

Le ministère de l'Environnement a annoncé «une poubelle à compost, deux poubelles en plastique et 50 sacs en plastique biodégradables à chaque organisation socioculturelle». Ce qui comprend, selon les chiffres officiels fournis : «240 kovils pour la célébration de Cavadee et 760 temples pour la célébration de Maha Shivaratree». En outre, le ministère de l'Environnement a distribué pendant le pèlerinage de Maha Shivaratree «600 poubelles en plastique et 15 000 sacs en plastique biodégradable» aux organisations socioculturelles offrant des services gratuits à Grand-Bassin, de la route principale de La Marie à l'intersection de Pétrin, de Bois-Chéri à La Flora... Si le ministère de l'Environnement était responsable du nettoyage de Grand-Bassin, des aires de stationnement entre autres, il a fait appel à des sociétés privées qui ont assuré un service 24h/24h à partir du 15 février. Le coût estimé des travaux de nettoyage est de Rs 9 millions, a indiqué le ministère.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Express

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.