Congo-Kinshasa: Nord-Kivu - Jean-Baptiste Kasekwa saisit deux Ministres sur des questions d'insécurité à Goma et conflits fonciers à Masisi

22 Février 2020

Cet élu national de la circonscription de Goma a adressé deux lettres, l'une au vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur et une autre au ministre de la Défense nationale de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans sa première correspondance qui date du 18 février 2020, il s'adresse au vice-premier ministre de l'Intérieur. Dans cette correspondance, Jean-Baptiste KASEKWA appelle aux mesures urgentes de démantèlement des réseaux des auteurs et complices impliqués dans les tueries et kidnapping dans la ville de Goma.

Il affirme avoir recueilli des informations, des découvertes et des révélations faisant état d'une complicité de certains commandants et éléments de la Police nationale congolaise (PNC) qui seraient des présumés auteurs de la recrudescence de cette insécurité, dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

« Vers fin décembre 2019, au bureau d'un commissariat urbain de la police à Goma, l'on a découvert des armes à feu similaires à celles utilisées par des criminels de Goma qui ont l'habitude de les rogner au niveau des canons, sans crosse et sans poignets en vue de les écourter de manière à les dissimuler sous le manteau pour passer inaperçus« , révèle Jean-Baptiste KASEKWA.

À lui d'alerter également le vice-premier ministre ministre de l'Intérieur sur une équipe des policiers dénommée « Petits Mukonfia » qui opèrent la nuit dans la ville, en utilisant la jeep de la patrouille pour évacuer les biens volés sous la bénédiction et la protection de certains commandants de la PNC à Goma.

« J'appelle donc le Vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur à diligenter urgemment une mission d'enquête à Goma en vue de vérifier toutes ces informations au sujet du comportement de ces commandants et éléments de la PNC et de prendre à leur égard, des mesures administratives fortes comme le souhaitent les cadres de Base et la population Gomatracienne », indique-t-il dans cette lettre, tout en mettant un accent sur l'accélération, sans complaisance, de la part des auditeurs à Goma, des poursuites judiciaires déjà amorcées quant à ce, afin de sanctionner les coupables.

Dans sa seconde lettre adressée au Ministre de la Défense nationale, datant du 20 février 2020, Le député national Jean-Baptiste KASEKWA demande la cessation immédiate de l'immixtion des militaires dans les conflits fonciers en chefferie des « BAHUNDE », en territoire de Masisi et l'ouverture des poursuites judiciaires y afférentes.

« Selon la population de cette contrée, il y a des exactions et atteintes graves à l'intégrité physique et matérielle commises par certains officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo, à l'encontre des habitants des villages tels que Buheno, Kakohwa, Bibanza... » précise-t-il.

Il poursuit en rappelant au Ministre de la Défense, que le Gouverneur de la province du Nord-Kivu avait déjà, en date du 14 septembre 2019, adressé une correspondance au Général Commandant de la 34ème Région militaire de s'enquérir de ce dossier, en déférant les auteurs de ces actes devant les instances judiciaires compétentes, chose non faite jusqu'à ce jour.

« Ces militaires continuent à travailler dans ces villages précités jusqu'aujourd'hui et ils empêchent tout accès libre aux habitants du coin », relève-t-il, avant de conclure en demandant au ministre de la Défense de diligenter une enquête en toute urgente, sur les causes inédites de l'inexécution des instructions formelles données au commandant de la 34ème région militaire.

À noter aussi, selon les enquêtes issues des données de la population locale, entre mars 2017 et juillet 2019, ces officiers militaires auraient commis 32 cas d'assassinats, 25 cas de viols et auraient chassé 36.243 personnes de leurs villages respectifs, en démolissant 4.328 maisons et extorquer des tonnes des récoltes.

Plus de: Le Potentiel

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