Niger: Les réfugiés soudanais recouvrent la liberté après leur procès

Au Niger, cent onze réfugiés soudanais ont été condamnés à des peines de prison avec sursis par le tribunal d'Agadez, vendredi 21 février. Ils sont désormais libres. Un soulagement même si, sur le fond, leur situation reste inchangée.

Ces réfugiés soudanais comparaissaient devant le tribunal de grande instance d'Agadez entre autres pour « rébellion en bande organisée » et pour avoir mis le feu, il y a plus d'un mois (le 4 janvier 2020), au camp du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) où ils vivent, en signe de protestation contre ce qu'ils estiment être de mauvaises conditions de vie et la lenteur du traitement de leurs demandes d'asile.

Ces réfugiés sont désormais tous libres. C'est un soulagement pour maître Rabiou Oumarou qui les a défendu lors du procès. Mais il déplore cependant que, sur le fond, leur situation reste inchangée. « Recouvrer sa liberté, dans un procès, c'est quelque chose de très important et de très satisfaisant, reconnaît l'avocat. Maintenant, je reste un peu sur ma faim par rapport à leur situation parce qu'ils vont sortir de la prison et je me dis qu'ils vont repartir vers une autre prison à ciel ouvert.»

Selon l'avocat, qui a visité le camp de réfugiés où vivaient les réfugiés soudanais, « ce camp de réfugiés... je me suis dit à moi-même que c'est une sorte de prison, parce que, c'est toujours la même chose ! La vie d'un être humain ne se limite pas à manger et boire. Chacun a des rêves qu'il veut réaliser. Et ces gens-là, lorsque vous entendez leur parcours, vous entendez leur préoccupation personnelle. Je dirais que c'est comme s'ils sortaient d'une prison vers une autre prison.»

L'idéal serait que l'Etat du Niger fasse l'effort d'accélérer la procédure, pour que cette situation ne perdure plus, conclut l'avocat, « que leurs demandes d'asile soient acceptées et que chacun ait sa carte de réfugié ou de demandeur d'asile remplie ».

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.