Togo: La pauvreté persiste en dépit de la reprise économique

21 Février 2020

A l'heure du bilan des trois mandats présidentiels de Faure Gnassingbé, la bonne tenue de la croissance dissimule mal la précarité importante dans un pays où près d'une personne sur deux vit dans la pauvreté.

Cela fait quinze ans, depuis avril 2005, que Faure Gnassingbé occupe la présidence du Togo.

Il a succédé à ce poste à son père, Gnassingbé Eyadéma, ancien chef d'Etat-major parvenu au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat qui a renversé le président Nicolas grunitzky, le 13 janvier 1967.

Cela fait donc 53 ans que la famille Gnassingbé dirige le Togo et Faure Gnassignbé reste le favori de l'élection présidentielle du 22 février. S'il gagne, ce sera son quatrième mandat consécutif.

En quinze ans, l'économie togolaise s'est améliorée. Lorsqu'il arrive au pouvoir, l'actuel président hérite d'une situation trouble et, selon les chiffres fournies par le Fonds monétaire international, il faudra attendre l'année 2008 pour que la croissance de l'économie togolaise reparte à la hausse.

Cette progression va se maintenir mais le premier ralentissement se fait sentir en 2013 et, par la suite, l'économie togolaise touche le fond en 2017, du fait des tensions politiques liée à la modification de la Constitution qui permettra à Faure Gnassingbé de briguer un nouveau mandat.

Désormais, les prévisions tablent sur une croissance du PIB supérieure à 5%.

Autre critère macroéconomique : l'inflation, soutenue par un raffermissement de la demande intérieure, est redevenue positive en 2018, après deux sévères périodes de contractions en 2014 et 2017. Le risque de déflation semble désormais s'éloigner.

Enfin, le dernier rapport Doing business 2020 de la Banque mondiale constate que parmi les dix économies qui se sont le plus améliorées, deux pays africains sont cités : le Nigeria et le Togo.

Toujours selon la Banque mondiale, il faut désormais en moyenne 5,5 jours pour créer son entreprise au Togo, contre 84 jours en 2011.

Qui profite de la croissance ?

Mais au-delà de ces critères macroéconomiques, la population togolaise continue à affronter des difficultés quotidiennes, en particulier dans les zones rurales.

Le taux national de pauvreté a pourtant reculé depuis 2006, passant de 61,7% de la population à 47,4% en 2017. La progression est importante puisqu'elle est de quatorze points.

Mais, même si l'actuel président Faure Gnassingbé met en avant les réformes engagées et une certaine marche vers la modernité, sa réussite reste entachée par le fait que quasiment un Togolais sur deux vit dans la pauvreté.

Enfin, le taux de croissance du produit intérieur brut n'illustre qu'une progression de la richesse nationale globale. Mais un autre indice - celui de la richesse par habitant - est plus révélateur pour ce qui concerne la répartition de la richesse. Et de ce point de vue, le Togo est mal placé.

Avec une richesse par habitant qui a progressé de 50 dollars entre 2011 et 2018, la moyenne de ce pays (660 dollars) est plus de deux fois inférieure à la celle de l'Afrique subsaharienne (1.517 dollars).

Les deux pays voisins, le Bénin et le Ghana, enregistrent eux aussi un niveau de richesse par habitant supérieure, l'écart étant particulièrement spectaculaire avec le Ghana qui obtient des résultats trois fois supérieurs.

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