Bénin: Trentième anniversaire de la Conférence nationale de 1990

21 Février 2020

La conférence nationale souveraine du Bénin marque l'avènement de la démocratie dans le pays. Trente ans après des témoins de l'époque reviennent sur cet événement cher aux Béninois.

Le Bénin commémore, en ce mois de février 2020, le trentième anniversaire de la Conférence nationale de 1990. Une conférence qui a marqué l'avènement de la démocratie dans le pays. En 30 ans, la démocratie s'est consolidée, même si certains redoutent une remise en cause de ses acquis.

La crise comme déclencheur

On était en février 1990 et le régime militaro-marxiste, au pouvoir depuis 1972, était à bout de souffle. Désorganisation du système, divisions au sein du régime, faillite sur le plan politique économique et social, avec l'incapacité de payer les salaires aux fonctionnaires : la crise était à son paroxysme. Les assises nationales apparaissaient donc comme la seule voie pour sortir le pays de la crise.

Houdou Ali a été ministre sous le régime du général Mathieu Kérékou et acteur de ces évènements. "Le travail qui a été fait de part et d'autres du système PRPB a conduit à l'échec de la thèse qui soutient la tuerie des armes, c'est-à-dire l'insurrection armée", raconte-t-il aujourd'hui. "Donc finalement, c'est la thèse de la lutte des idées, du dialogue qui a triomphé à travers la Conférence nationale de février 1990."

Les syndicalistes, les évêques, les groupes organisés ont joué un rôle capital dans la survenue de cette Conférence qui a renforcé la démocratie. Depuis, le fonctionnement politique du Bénin a fondamentalement changé.

Liberté, contestation, élections ...

"Ca me rappelle les luttes que nous avons menées jusqu'à l'avènement de cette Conférence", confie Pascal Todjinou, syndicaliste à la retraite. "Nous avons réussi à faire basculer la révolution dans le fossé et à instaurer la démocratie. Beaucoup de choses ont changé. On a recouvré la liberté, les arriérés de salaires". Et Pascal Tadjinou de parler aussi de la contestation, à nouveau possible. Ou encore des élections régulières. "Mais aujourd'hui, il y a des dérapages qu'on observe parce que nous l'avons voulu. Nos politiciens l'ont voulu."

Des revers

François Agossou, journaliste à l'époque évoque en revanche un autre point : le revers de cette démocratie. "C'est-à-dire la démocratie qui rime avec la pagaille. Chacun fait ce qu'il veut. Ce qui reste de cette conférence, la liberté qui est chèrement acquise, il faudra la préserver pour agir dans le respect de l'Etat, dans le respect des uns et des autres", insiste-t-il.

La Conférence nationale des forces vives de la nation reste un héritage cher aux Béninois. Les politiques actuelles y trouvent leurs sources même si l'opposition politique considère aujourd'hui que les acquis de la démocratie béninoise sont mis en péril par l'actuel président, Patrice Talon.

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