Congo-Kinshasa: Félix Tshisekedi face au « saucissonnage » des cabinets ministériels !

Près de six mois après leur entrée en fonction, la soixantaine des ministres du gouvernement Ilunga Ilunkamba attendent toujours d'être fixés sur leurs attributions et leurs relations transversales avec les autres ministères aux compétences complémentaires. La Primature affirme que le projet d'ordonnance a été déposé de longue date sur le bureau présidentiel en attente de sa signature. Mais, les choses ne sont pas aussi simples.

Fixer les attributions des ministères et les modalités de leur fonctionnement au sein d'un gouvernement pléthorique relève d'une gageure pour Félix Tshisekedi. A l'origine, le « charcutage » extrême des cabinets ministériels dans leur format traditionnel, certainement dans le dessein de satisfaire les appétits des uns et des autres au sein de la coalition FCC-CACH.

Difficile, en effet, d'assurer une répartition des responsabilités mais surtout, de détacher des administrations entières de leur tutelle traditionnelle et les reverser dans de nouveaux ministères qui seront dissous au prochain remaniement ministériel.

Parmi les champions du séquençage, le ministère universellement organisé de l'Education nationale. Il a été atomisé en cinq cabinets aux compétences qui s'entrechoquent. A côté du ministère de l'Enseignement primaire et secondaire ont été créés celui de l'Enseignement technique, de l'Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique, de l'Enseignement technique, etc.

Quel intérêt a présidé à ériger un ministère des Affaires humanitaires, celui du Genre, Famille et Enfant, tous émanant d'un ministère des Affaires sociales. Le ministère des Affaires étrangères amputé de son volet de la Coopération régionale ; le ministère de l'Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières en conflit de compétence avec un ministère délégué aux Affaires coutumières.

Le ministre de l'Environnement est quasiment paralysé par la « concurrence » de ses collègues du Développement rural, celui du Tourisme. La Jeunesse, détachée du ministère des Sports se cherche encore. Quant au ministère de la Justice, il doit composer avec celui des Droits humains...

On pourrait épiloguer à l'infini mais, la conclusion logique découlant d'un regroupement des ministères dans le souci de réduire la charge de fonctionnement des cabinets ramène le nombre des cabinets ministériels à une vingtaine à peine. Mais, les réalités de la politique en RDC commandent que nul ne peut être laissé sur le bord du chemin. Il en résulte ainsi des équipes pléthoriques en parfaite disharmonie avec le souci, maintes fois claironné, de lutter contre le coulage des recettes du Trésor public.

Plus de: La Prospérité

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