Sénégal: Tatouages, coiffures, faux ongles, faux cils - Souffrir, pour se faire belle

24 Février 2020

Se faire belle, aimer et être admirée, c'est le désir de toutes les femmes. Pour révéler sa beauté, la femme a recours à plusieurs astuces et artifices. De la coiffure à la pose des ongles, des cils, en passant par la pédicure, la manucure, tatouage... rien n'est négligé. Et la femme sénégalais ne déroge pas à cette règle.

Mais, tout cela à un prix. Comme le dit un dicton, «Pour se faire belle, il faut souffrir», mais aussi cela demande parfois des sacrifices financiers qui peuvent parfois nuire à la santé, selon le médecin généraliste, docteur Ismaïla Ndour.

Le beau est communément défini comme la caractéristique d'une chose qui, à travers une perception sensorielle, procure une sensation de plaisir ou un sentiment de satisfaction. Et, pour cela, chez les femmes, particulièrement, tous les moyens sont bons pour se faire belle. En effet, la femme aime se faire remarquer, se sentir belle.

Et pour ce faire, elles ont recours souvent à l'esthétique, faisant appel à des professionnels, pour celles qui en ont les moyens, et à ces nombreux jeunes qui ont investi ce créneau, sans aucune qualification, pour gagner leur vie.

Coiffures, pose des ongles, pédicure, manucure, pose des cils, maquillages, tatouages... tout y passe et rien n'est négligé.

Ailleurs en occident surtout, au-delà de ces artifices qui s'élargissement jusqu'au fausses tailles (hanches et fesses) et poitrines (seins), des femmes (stars... ) utilisent même la chirurgie esthétique pour se donner la forme et visage qu'elles veulent.

«Pour se faire belle, il faut souffrir», dit un dicton. Mais, cette beauté «artificielle et forcée» demande parfois des sacrifices financiers qui peuvent nuire à la santé. Bref, la beauté chez les dames à un coût.

Et des femmes sont prêtes à mettre le prix, rien que pour se faire belle, remarquer et se sentir... aimée. Elles déboursent des sommes considérables à cette fin. «Je dépense 30.000 jusqu'à 50.000 F CFA par mois pour mes soins esthétiques», confesse Aminata, une cliente trouvée dans un salon de coiffure.

Dans un cadre élégant où règne une ambiance chaleureuse, les murs peints en mauve, des casques, des miroirs, des mèches et des greffages, des chaises bien rangées, tout un arsenal de matériels pour... sublimer les dames.

A l'intérieur, des femmes sous casques, ou pieds dans l'eau, pour un petit massage, magazines de mode en main, sont en train de discuter des dernières tendances de la mode. Nous sommes dans un salon de coiffure sis à Liberté 6.

Fatim, la propriétaire des lieux, usant de son savoir-faire pour satisfaire une cliente qui fait un tissage, explique son métier.

«Je fais des tresses, tissage, pédicure, manucure, maquillage, traitement de cheveux, tout ce dont la femme a besoin pour sa beauté», note l'esthéticienne.

Aminata, la cliente, dit sa satisfaction. «Je suis toujours satisfaite en sortant de ce lieux, même si je dépense beaucoup ; c'est le résultat qui compte pour moi».

Pratiquant ce métier depuis 15 ans, Fatim soutient qu'elle s'en sort très bien. «Je reçois des clientes Sénégalaises, Burkinabè, Ivoiriennes, ça dépend. Ça va, je rends grâce à Dieu, je satisfais tous mes besoins avec mon métier».

Après 1h passée à se faire belle, Aminata jette un dernier coup d'œil au miroir ; la cliente sort du salon ravie. «Waouh ! Je me sens plus belle, Fatim vraiment, tu es une magicienne», s'exclame la dame.

16 heures 30 minutes, plus loin toujours à Liberté 6, à quelques minutes du centre-ville, Dakar, c'est une autre réalité. Cette fois-ci dans une ambiance moins chic, pas du tout discrète. «Sokhna si loo beugue ? Pose ?» («Entendez madame que désirez-vous ?

Des poses ?» En wolof), questionnent des femmes assises dans un coin, avec à leur côté un panier contenant des produits et artifices de beautés qu'elles proposent aux passants.

En face, des hommes, tenant chacun à la main un tube contenant une substance colorante destinée, par effraction cutanée, à créer une marque, des dessins sur des parties superficielles du corps, appelés tatouages. Nous sommes au marché HLM de la capitale Sénégalaise, au cœur du quartier et commune d'arrondissement du même nom (HLM).

Un marché grouillant, vivant et coloré, où on trouve des tissus de toutes sortes et marques et à tous les prix. Tailleurs et vendeurs s'activent côte à côte mais chacun dans son domaine.

C'est un marché privilégié, incontournable ou presque, pour le shopping. Toutes les femmes ou presque, pour se faire belle, ont besoin d'y faire un tour.

Trouvée sur place, avec son panier contenant des faux ongles, faux cils, émaux (émail), bref toutes sortes de produits et artifices de beauté, Khady Dieng qui se présente comme une «spécialiste des ongles et des cils» dit que les femmes n'ont plus besoin de dépenser beaucoup d'argent pour se faire belle.

«Maintenant, c'est facile de se faire belle. Par exemple, les poses-cils, je le fais à 1000 francs et les poses ongles à 2000 francs. Mes prix sont accessibles pour toutes les femmes. Et je rends grâce à Dieu, j'y gagne bien ma vie».

Khoudia Diop, la cliente de Khady, justifie que le recours à tous ces artifices, «c'est juste pour se faire plus belle. Tu sais, les faux cils, ça sublime le regard ; les longues ongles avec émail sont jolies à voir aussi.

C'est juste pour accentuer notre beauté. Ce sont des accessoires qui nous embellissent», soutient la jeune femme qui dépense moins de 10.000 francs pour tous ses soins. «Les prix sont accessibles, c'est pour cela que chaque quinze jours, je viens ici pour changer de modèle».

Les femmes ne sont plus seules dans ce métier envahi de plus en plus par des hommes. D'ailleurs même les esthéticiennes laissent tout ce qui est tatouages à ces derniers. Babacar, qui a un master en poche, s'est reconverti en tatoueur professionnel, depuis 4 ans.

Et il ne trouve pas d'inconvénients dans la cohabitation entre les hommes et les femmes. «Dans le secteur informel, il n'y a pas de jalousie, on s'entraide (avec les femmes). Chacun gagne ce qu'il a à gagner. Et, pour mon cas, je gagne entre 300.000 et 400.000 francs CFA par mois».

Tenant entre les mains un tube contenant un liquide noir et une lame, le jeune homme est en train de dessiner sur les mains d'une dame. Utilisant des objets tels que des lames, des ciseaux, des aiguilles, Babacar déclare qu'il ne badine pas avec la stérilisation de son matériels.

«A chaque fois je change de lame, après utilisation, le stérilise : donc une lame, une personne. D'ailleurs même ce sont les clientes qui exigent ça parce qu'elles savent les conséquences de partager des objets tranchants», précise Babacar.

Selon Khady, il y a un peu de ralentissement dans leur travail. La cause, «ces temps-ci, beaucoup de femmes fuient les poses-cils et tatouages à causes d'informations véhiculées par des médias.

On a dit télé et à la radio que les faux-cils et les tatouages ne sont pas bons pour la santé des femmes. Les docteurs en parlent, les ophtalmologues, tout le monde en parle. Conséquence, on ne gagne plus ce qu'on gagnait auparavant», se plaint la jeune femme.

«Un tatouage n'est pas un simple dessin sur la peau. Il s'agit d'un geste médical qui consiste à introduire des pigments de couleurs dans le derme. L'introduction d'une substance étrangère n'est donc pas un geste anodin.

Elle génère un phénomène d'inflammation et ouvre des centaines de portes aux infections virales. Le tatouage occasionne des centaines de petites plaies qui vont devoir se cicatriser.

La personne récemment tatouée doit, par conséquent, suivre l'évolution de la cicatrisation et s'assurer qu'aucune infection liée au tatouage ne se développe.

En effet, se faire tatouer peut provoquer différentes complications de la peau comme : des risques infectieux locaux comme des granulomes ou des infections bactériennes à staphylocoques ; des risques infectieux viraux comme l'hépatite B, le VIH ou l'hépatite C ; des risques d'allergies dues à l'encre : les symptômes d'allergie au tatouage sont la peau qui gonfle et qui gratte.

Il faut savoir qu'un traitement local à base de corticoïdes est souvent insuffisant, la source d'allergie restant active sous la peau. Dans certains cas extrêmes d'allergie, le tatouage doit être retiré soit par laser, soit par chirurgie», prévient docteur Ismaïla Ndour.

Toutes les femmes d'avoir un regard de biche. Pour nous satisfaire, les marques de cosmétiques inventent toujours plus de mascarades révolutionnaires : volume extrême, effet 3D, et j'en passe. Sauf que la tendance actuelle est à l'extension de cils. Une technique qui séduit de plus en plus de femmes, mais qui comporte aussi quelques risques.

Et pour cause, les cils sont censés protéger l'œil. «La longueur moyenne d'un cil correspond à un tiers de la largeur de l'œil , elle permet de réduire le flux d'air sur la surface de l'œil et limite donc la déshydratation et le dépôt de particules aériennes», explique médecin généraliste.

Or, «plus les cils sont longs plus l'œil est exposé : dessèchement, picotements, infections du type conjonctivite, larmoiement, etc. Il est donc conseillé de porter des faux-cils occasionnellement, voire uniquement quelques heures».

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