Sénégal: Blocages au dialogue politique - Ngouda Mboup «clashe» les acteurs

24 Février 2020

Les raisons des blocages notés dernièrement au dialogue politique sur les questions d'enjeux majeurs sur la démocratie, notamment l'article 80, le cumul de fonctions de président de la République et de chef de parti, ou encore sur l'arrêté Ousmane Ngom, entre autres, sont à chercher auprès des acteurs au dialogue eux-mêmes.

De l'avis de l'enseignant chercheur Ngouda Mboup, ces derniers «ne parviennent pas à se hisser au-dessus de la mêlée». L'invité à l'émission Objection de la radio Sud Fm d'hier, dimanche 23 février, n'a pas manqué de convoquer aussi le caractère imprécis du dialogue en cours.

Invité de l'émission Objection de la radio privée Sud Fm hier, dimanche 23 février, l'Enseignant chercheur à l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, Ngouda Mboup n'est pas allé par quatre chemins pour situer les responsabilités concernant les blocages notés au dialogue politique.

Sur le manque de consensus noté lors de ces deux dernières sessions, notamment sur l'article 80, le cumul de fonctions de président de la République et de chef de parti, ou encore sur l'arrêté Ousmane Ngom et les articles L31 et L32 du Code électoral, Ngouda Mboup pointe d'un doigt accusateur les acteurs qui prennent part à ces concertations.

Selon lui, s'il y a des questions restées en suspens, c'est parce que «ces questions-là, nous ne les avons pas dépassés, nous ne les avons pas résolus».

Sur les raisons de ce statu quo, il dira que c'est parce que «les acteurs ne parviennent pas, jusqu'à présent, à se hisser au-dessus de la mêlée pour pouvoir substantialiser la démocratie sénégalaise». Donc, il reste formel que cela montre que «la démocratie sénégalaise est au niveau de l'apprentissage, jusqu'à présent».

Ne s'en limitant pas là, l'Enseignant chercheur à l'Ucad a évoqué la notion de dialogue politique qui, à son avis, est «imprécise» au Sénégal. Il se demande, en réalité, s'il s'agit «d'un dialogue politique proprement dit ou bien d'un dialogue sur le processus politique».

Le juriste estime, à ce niveau, qu'il sera difficile de répondre à cette question, dans la mesure où «le fait que la démocratie se limite à des élections, c'est tout simplement avoir une vision procédurale de la démocratie.

C'est la raison pour laquelle, à mon avis, je ne sais pas si nous sommes en train de dialoguer sur le politique ou bien de dialoguer sur le processus politique».

En tout état de cause, poursuit-il, «du moment que, dans le dialogue on prend en compte ces questions-là, entendons-nous qu'en réalité on a un dialogue englobant qui, à mon avis, doit éviter deux écueils : le dialogue illégitime et le dialogue improductif».

A ce niveau, d'ailleurs, il pense qu'il y a lieu d'attendre les conclusions de ce dialogue pour disposer d'éléments d'appréciation. Toutefois, il est d'avis «que ces questions énumérées doivent trouver des débuts de solution ou des débuts de réponse».

NGOUDA MBOUP SUR L'INCARCERATION DE GUY MARIUS SAGNA AU CAMP PENAL

«Guy Marius a été condamné à l'avance»

«Guy Marius a été condamné à l'avance. Il est dans une institution pour condamnés. On a brulé les étapes de la procédure. Le principe de la présomption d'innocence est un principe à valeur constitutionnelle.

L'Etat du Sénégal ne peut pas se comporter ainsi. Je rappelle aux autorités qui ont en charge ce dossier-là, de pouvoir respecter les règles écrites et non écrites qui gouvernent un Etat de droit.

Parce que l'Etat de droit est un titre de respectabilité et ça nous a valu beaucoup de succès, ici et ailleurs. L'Etat du Sénégal n'a pas besoin d'être vilipendé ailleurs.

Guy Marius Sagna est un citoyen sénégalais qui a une famille qui vit ici. Je ne dis pas qu'il faut l'absoudre. Je ne dis pas qu'il n'a pas fait, ou quelque chose comme ça. Ce que je suis en train de dire, c'est sur les principes.

Un Etat de droit, c'est des principes et ces principes et ces valeurs, on les respecte. L'Etat de droit, c'est un Etat de procédure. Tant qu'il (Guy Marius Sagna) n'est pas condamné, on n'a pas le droit de l'amener dans une prison pour condamnés.

Cela signifie tout simplement qu'on est en train de violer ses droits fondamentaux. Et, ces droits fondamentaux, on ne peut pas badiner avec, parce qu'ils sont sacrés.

On doit veiller à ce que tout Sénégalais quel qu'il soit où est-ce qu'il puisse se trouver, qu'on puisse respecter ses droits en tout temps et en tous lieux».

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