Afrique: Climat - Les scientifiques préconisent un infléchissement "radical" et "immédiat"

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) divergent des engagements pris dans l'Accord de Paris. C'est l'alarme tirée par le rapport "Emission Gap Report' de l'ONU.

Les scientifiques préconisent un infléchissement "radical et immédiat" de cette tendance pour éviter un réchauffement insupportable. Les émissions mondiales de GES sont le moteur du changement climatique. Or, l'écart entre "là où nous en sommes et là où nous devrions nous situer " en la matière continue de grandir dangereusement, selon le rapport Emission Gap Report (Rapport sur le fossé des émissions) du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue).

Il faudrait au minimum multiplier par cinq les efforts promis lors de l'Accord de Paris pour rester sous 1,5 °C de réchauffement, estiment les soixante-cinq scientifiques et auteurs de trente institutions et de vingt-six pays. Ce rapport montre que le monde est en passe de produire, en 2030, bien plus d'énergies fossiles que la quantité compatible avec l'Accord de Paris. Plus les années passent et plus l'écart s'accroît.

Les auteurs observent que les émissions de GES ont grimpé de 1,5 % chaque année dans la dernière décennie. Chaque année d'inaction climatique met en péril la possibilité pour les États d'atteindre leurs objectifs pour 2030, indique le rapport. Au rythme actuel d'émissions, les températures mondiales pourraient augmenter de 3,4 à 3,9 °C d'ici 2100 par rapport à l'ère préindustrielle, ajoutent les rapporteurs. "Cela présage des conséquences climatiques vastes et destructrices", révèlent-ils. Ils recommandent l'infléchissement " immédiat" de cette tendance. "Il faut faire chuter les émissions de 7,6 % chaque année de 2020 à 2030" pour se placer sur une trajectoire en phase avec l'objectif de 1,5 °C, fixé lors de l'Accord de Paris, selon eux.

Les " ingrédients-clés " pour infléchir la courbe sont les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, disent les auteurs. Cette transition nécessiterait un investissement mondial compris entre 1450 et 3450 milliards d'euros par an en moyenne entre 2020 et 2050, en misant notamment sur l'électrification du chauffage et du transport, et la rénovation thermique des bâtiments. L'année 2020 est considérée comme une année charnière pour Anne Olhoff, qui espère que les États rehausseront significativement leurs ambitions et leurs actions avant la COP26 de Glasgow, en Écosse. Le rapport entrevoit une lueur d'espoir pour faire pression sur les gouvernements : la mobilisation citoyenne grandissante. "La mobilisation sociale et la compréhension des défis climatiques ont profondément changé en peu de temps, dit Anne Olhoff. Et ça tombe bien : nous devons faire plus et plus vite qu'il y a dix ans. Pour que les gouvernements initient des transitions, ils doivent avoir la population derrière eux".

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