Burkina Faso: Médias publics - Le SYNATIC dénonce l'intimidation des travailleurs

24 Février 2020

Le SYNATIC a invité le ministre de la Communication à se pencher dans les brefs délais, sur la résolution des problèmes d'équipements et l'amélioration des conditions de vie des agents.

Le Syndicat national des travailleurs de l'information et de la culture (SYNATIC) a informé le lundi 24 février 2020 à Ouagadougou, les hommes de médias, de la reprise de sa lutte pour l'amélioration des conditions de vie et de travail des agents des médias publics.

Engagé dans une lutte, à la suite de la non-satisfaction du point crucial du protocole d'accord du 29 décembre 2016, le Syndicat national des travailleurs de l'information et de la culture (SYNATIC) a animé une conférence de presse, le lundi 24 février 2020 à Ouagadougou, pour demander au gouvernement de finaliser les négociations entamées en novembre dernier, sur le contenu du statut dérogatoire.

A entendre la secrétaire à l'information du SYNATIC, Nadège Yé, ce statut est transitoire pour aller à la société d'Etat, conféré aux médias publics.

« Le gouvernement a évoqué un certain nombre de contraintes liées à la mise en œuvre de la société d'Etat. Les travailleurs ont ainsi accepté un statut dérogatoire qui leur a été proposé.

Mais, depuis la dernière séance de travail, tenue entre les deux parties, la délégation gouvernementale a suspendu les travaux sans aucun accord », a-t-elle regretté.

Sans avoir rencontré le syndicat, le ministre en charge de la communication, Rémis Fulgance Dandjinou et les directeurs généraux de la RTB et des Editions Sidwaya, selon le bureau national du SYNATIC, mènent « des campagnes mensongères » auprès du gouvernement et des travailleurs contre le syndicat.

Celles-ci, selon les membres du bureau, visent à dénigrer le SYNATIC et les travailleurs. Le bureau a ajouté que M. Dandjinou a insinué que les travailleurs s'en prennent à leurs outils de travail pendant leur lutte. « De quels outils s'agit-il » ? s'est interrogé le secrétaire général adjoint du SYNATIC, Aboubacar Sanfo.

Pour lui, beaucoup de travailleurs utilisent leurs propres matériels pour le travail. « Actuellement, la RTB et Sidwaya ne disposent ni en nombre, ni en qualité, des véhicules de reportage.

Les caméras et autres enregistreurs sont non seulement en nombre insuffisants, mais pire, sont dans une vétusté inimaginable. A Sidwaya, il y a des problèmes récurrents à l'imprimerie », a-t-il dévoilé.

L'IUTS s'invite aux échanges

Pour le SYNATIC, les responsables des médias publics et le ministre de la Communication doivent se préoccuper des problèmes au sein des entreprises dont ils ont la responsabilité, au lieu de dilapider les maigres ressources disponibles dans des tournées de désinformation.

Lors du sit-in tenu les 20 et 21 février, le bureau a souligné que le directeur de la RTB-Télé a accusé injustement les travailleurs, de faire de la dictature syndicale.

« Il faut arrêter les intimidations contre les travailleurs parce que, lors de notre sit-in, nous avons constaté un déploiement de forces de sécurité sur nos lieux de travail, empêchant l'accès de la RTB aux travailleurs, alors que le préavis a été déposé 72 heures avant, conformément aux textes », s'est indignée Mme Yé.

Au cours de cette conférence de presse, le SYNATIC s'est inquiété de ce qu'adviendrait de la couverture des élections présidentielle et législatives à venir, qui ne pourront, à son avis, se faire dans des conditions de dénuement total des travailleurs des médias publics.

C'est la raison pour laquelle, il tient pour responsables, les directeurs généraux de la RTB et des Editions Sidwaya, de toute détérioration du climat dans les médias.

Il prend également à témoin, l'opinion nationale et internationale sur la gestion « calamiteuse actuelle » des médias publics, marquée par des détournements, notamment la dissipation de plus de 200 millions F CFA et la volonté de diviser les travailleurs pour les éloigner de leurs intérêts.

Se prononçant sur l'IUTS, le SYNATIC a fait savoir qu'il ne compte pas rester en marge des actions multiformes que l'ensemble des travailleurs comptent entreprendre pour mettre fin à ces retenues abusives sur les primes et indemnités des agents du public, du parapublic et du privé.

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