Congo-Kinshasa: Après la Magistrature - Bruits de changement de la chaîne de commandement des FARDC

24 Février 2020

L'attente aura été longue. Le chef de l'État a mis une année à profit pour observer, en toute discrétion, les qualités de chacun des officiers supérieurs des Forces armées de la République. Ayant décrété 2020 «Année de l'action», il vient de concrétiser cette vision en désignant, il y a peu, les Hauts magistrats. Le deuxième acte sera bientôt consacré à la nomination et à l'affectation des généraux de la nouvelle chaîne de commandement des FARDC.

La République démocratique du Congo est sur le point de découvrir ses nouveaux responsables militaires. De toutes les manières, les officiers qui composeront la nouvelle chaîne de commandement ne proviendront pas d'une autre planète. Loin s'en faut. Au contraire, il s'agit de filles et de fils congolais, tous des professionnels, qui ont gravi les échelons de l'armée jusqu'à mériter la position à laquelle ils seront appelés pour servir le Peuple, l'État et la Nation.

Selon des sources diplomatiques, le mouvement qui va affecter la chaîne de commandement des FARDC est aux antipodes de la chasse à l'homme. Ce qui correspond parfaitement à la philosophie et à la ligne de conduite du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Les forces armées n'étant fondamentalement pas inféodées à un quelconque parti politique, la désignation de leurs officiers supérieurs sera basée sur des critères professionnels précis et, surtout, en dehors des règles politiques qui régissent les rapports du Cap pour le changement (CACH) et du Front commun pour le Congo (FCC) lorsque les deux alliés négocient la répartition des portefeuilles ministériels.

Une relation de confiance

La logique du président Tshisekedi est implacable là-dessus. Personne ne peut en douter. Des preuves l'attestent. En toute intelligence et toute sagesse depuis sa prise de fonctions, il a construit avec les officiers et les hommes de troupes une relation de confiance basée sur un socle : la Nation, la Constitution et les Lois de la République. Et, en retour, ses interlocuteurs le lui ont bien rendu : tous ont compris qu'une armée républicaine est au service du peuple et qu'elle se met spontanément à la disposition des institutions élues par le souverain primaire.

Dans une attitude républicaine, les Forces armées de la République démocratique du Congo ont manifestement fait allégeance au président Tshisekedi, sans l'ombre d'une moindre résistance au changement intervenu au sommet de l'État à la faveur de l'Alternance «civilisée». S'il était apparu un soupçon de sédition, ceci aurait mis les meneurs en porte-à-faux avec le Peuple, la Nation, la Constitution et la Communauté internationale.

Tant mieux ! Le travail de changement de la chaîne de commandement de l'armée vient consolider davantage l'héritage légué par le régime Kabila, à savoir une armée nationale reconstituée au lendemain du laborieux Dialogue intercongolais de Sun City, Afrique du Sud (2001-2002).

Le sort des brebis galeuses

Classées huitième armée d'Afrique, de par leur montée en puissance, les Forces armées de la RD Congo comptent dans leurs rangs un nombre impressionnant d'officiers de valeur. Il est donc temps de les valoriser davantage. C'est ce que le président de la République entend concrétiser sous peu.

Toutefois, si l'armée, apolitique, n'a d'attaches partisanes ni avec le FCC ni avec le CACH, elle est infiltrée par des officiers supérieurs qui sont indexés par les principaux partenaires de la RD Congo. Il en est qui subissent actuellement les sanctions américaines et/ou européennes à cause de leur passé sulfureux, marqué essentiellement par de graves violations des droits humains.

Quel sort sera réservé à ces «brebis galeuses» dans la nouvelle configuration de l'armée nationale ? Quelle réponse Tshisekedi donnera-t-il aux partenaires qui exigent la tête des officiers supérieurs indexés en Occident ? Attendons la publication des ordonnances de nomination. Quoi qu'il en soit, le Peuple congolais souhaiterait, à l'instar de la communauté internationale, voir à pied d'œuvre une armée faite d'hommes et de femmes prêts à le servir, défendant et protégeant les frontières nationales et ce, au prix de leur sang.

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