Madagascar: Gestion des ressources halieutiques - Des « maisons de poulpes » restaurées

Imiter l'habitat naturel des poulpes. C'est le défi que s'est lancé Faustinato Behivoke, jeune chercheur de l'Institut halieutique et des sciences marines de Toliara. Ses recherches ont duré quatre ans et ont abouti à la création de nouvelles « maisons » pour les poulpes. Les diverses pressions subies par le milieu marin et halieutique ainsi que les pêches destructrices dévastent les récifs coralliens, principaux habitats des animaux marins.

« La destruction de l'habitat naturel des poissons, concombres de mer et poulpes, les amène à s'enfuir au large », explique Faustinato Behivoke. La dégradation récifale est marquée par l'accumulation des débris de coraux qui a, comme première conséquence, le tarissement des ressources. « Mes recherches se sont ainsi focalisées sur la manière de retenir les poulpes face à toute cette adversité. La restauration des habitats récifaux passe par la récupération des débris de coraux pour en faire de nouveaux habitats », détaille l'océanographe.

Il affirme avoir choisi les poulpes car leur pêche est à majorité artisanale et traditionnelle dans la région Sud-ouest, allant du Sud du côté d'Itampolo à Morombe, dans le Nord. De plus, les pêcheurs sont principalement des femmes qui doivent marcher sur le platier récifal lequel avance également en dégradation, pour piquer les poulpes.

Brevet

Faustinato Behivoke a passé du temps dans l'expérimentation des maisons de poulpes. « Je suis passé par sept essais avant de réussir la bonne maison », raconte-t-il. Il existe une trentaine de modèles de récifs artificiels dans le monde, mais le chercheur a choisi celui qu'il juge meilleur pour les poulpes de la région Sud-Ouest. Les éléments constitutifs de coraux vivants, avec des éléments liants tels le mortier de ciment, doivent épouser parfaitement l'habitat naturel. « Les essais ont compté des maisons cassées, trop fragiles ou non colonisées par les espèces cibles c'est-à-dire les poulpes », précise le chercheur.

La maison idéale est enfin sortie et pèse en moyenne 16kg. « Les récifs artificiels amènent à la création de nouveaux habitats pour les espèces marines et à long terme, de nouvelles zones de pêche. Ces habitats artificiels sont dits des récifs artificiels de production, créateurs de biodiversité et de biomasse dans des zones pauvres, et ont pour objectif d'augmenter les ressources halieutiques ciblées par les pêcheurs traditionnels », indique-t-il.

Avec son association « Vohizo », le chercheur a fait breveter son invention en 2018 : le « Fishes Banking ecotechnology ». L'association travaille pour le développement des actions environnementales et des actions de développement pour et dans la région du Sud-ouest. Avec cette innovation d'ingénierie de restauration écologique, Faustinato Behivoke espère toucher les politiques de pêche ayant comme visée l'accroissement de l'abondance des stocks et le développement des possibilités de pêche grâce à l'utilisation de structures artificielles installées.

Plus de: L'Express de Madagascar

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