Afrique de l'Ouest: Affaire Kemi Seba - BCEAO - Le procès du franc CFA renvoye au 27 avril

25 Février 2020

Programmé hier, lundi 24 février 2020, le procès du «franc CFA», opposant l'activiste franco béninois Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capochichi, à la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a été renvoyé au 27 avril prochain. Pendant ce temps, Kémi Séba qui a effectué le déplacement au Sénégal, pour répondre à la convocation de la justice, a été bloqué, dès son arrivée la veille dimanche, à l'aéroport Blaise Diagne (AIBD) de Dakar où il est retenu à l'intérieur de la zone de transit. Ce que dénoncent son avocat, Me Khoureychi Ba et ses frères activistes sénégalais

L'avocat de l'activiste franco béninois, Me Cheikh Khoureychi Ba, qui a apporté des éléments d'éclairage par rapport à son arrestation supposée à l'aéroport international Blaise Diagne (AIBD) de Dakar, a déploré une violation de la loi. «Kémi Séba n'a pas été arrêté, mais juste bloqué», a-t-il précisé d'emblée, sur les ondes de la radio Sud FM. «Il venait répondre à une convocation de la justice pour son procès qui s'ouvre, ce lundi (hier, ndlr). Et on lui a opposé l'arrêté d'expulsion dont il a fait l'objet en septembre 2017, il y a 3 ans, en lui expliquant que cet arrêt continuait son entier effet. Ce qui n'est pas vrai», a martelé l'avocat.

Pour Me BA, le procès de Kémi Séba, c'est celui du «franc CFA» qu'il avait gagné, haut la main. «Il n'avait même pas été relaxé, mais renvoyé à des fins de la poursuite, sans peine ni dépens, parce qu'il n'y avait pas de délit constitué». D'ailleurs, ce procès qui devrait se tenir, hier lundi, au Palais de justice Lat-Dior de Dakar, a été renvoyé jusqu'au 27 avril prochain. Et, l'activiste panafricaniste était encore retenu, selon son avocat, dans les locaux de l'AIBD, à l'intérieur de la zone de transit.

«ACHARNEMENT INJUSTIFIE» CONTRE KEMI SEBA, SUR LA BASE D'UN ARRETE «ILLEGAL ET OBSOLETE»

Déjà, suite à l'interpellation de Kémi Séba, arrêté avant-hier dimanche à sa descente d'avion à l'AIBD, les membres de l'Ong Urgence panafricaniste dont il est le leader, le mouvement Frapp (Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine) - «France Dégage» et les membres de Y en a marre ont fait face à la presse hier, lundi 24 février, pour alerter l'opinion sur «l'acharnement injustifié sur la personne de Kemi Séba».

Ces derniers dénoncent, par la même occasion, une «violation des droits et libertés notamment de libre circulation pour le béninois qu'il est, dans l'espace CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, ndlr)». La robe noire soupçonne la main invisible de la France derrière cette affaire et qualifie l'arrêté de l'exécutif d'«illégal et obsolète». «L'arrêt est caduc parce qu'un arrêté doit être motivé et la motivation, à l'époque, c'était trouble à l'ordre public. 3 ans après, c'est comme si vous sortez une ordonnance d'un médecin pour la soumettre à un pharmacien. Il ne vous vendra certainement pas le produit. C'est exactement ce qui s'est passé parce qu'à l'époque on pouvait parler de trouble à l'ordre public. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas», a-t-il soutenu. Et d'attester : «récemment, vous avez entendu le président français, en parlant de l'Eco, dire qu'il avait entendu la jeunesse africaine. Celle-ci, c'est Kémi Séba notamment sur le problème du franc CFA.»

KEMI SEBA «VICTIME D'UN SYSTEME ASSEZ INIQUE ET IGNOBLE A LA LIMITE»

Suffisant pour qu'il rappelle ceci : «on n'oublie que Kémi Séba n'est pas interdit de séjour, il n'est pas déclaré persona non grata. Donc, rien ne s'oppose à ce qu'il entre dans le territoire sénégalais d'autant plus que la loi est supérieure à l'arrêté. Vous avez une loi qui dit que, quand une personne est citée à comparaître, elle doit se présenter, sauf excuse valable». Me Khoureychi Ba est d'avis que «ce garçon est victime d'un système assez inique et ignoble à la limite. Il convient de le dénoncer, avec la dernière rigueur».

Car, «le combat de Kémi SEBA est noble ; donc il ne mérite pas» ce sort. Le leader du Front contre le franc CFA, Kémi Séba, est trainé devant la justice sénégalaise par la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pour avoir brûlé un billet de 5000 francs CFA, en août 2017, lors d'un rassemblement organisé à la Place de la Nation, ex-Obélisque. De son vrai nom Stellio Gilles Robert Capochichi, Kémi Séba est poursuivi pour «altération de signe monétaire». En son temps, son arrestation avait suscité colère et indignation chez les activistes dans plusieurs pays du continent, dont le Bénin, où des manifestations ont été organisées pour exiger sa libération. Kémi Seba encourt 5 ans de prison ferme pour son geste.

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