Afrique: Union africaine - Les Chefs d'État et de gouvernement s'engagent à faire taire les armes

25 Février 2020

Faire taire les armes : créer les conditions propices au développement de l'Afrique", c'est le thème qui guidera cette année les actions des Chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine.

Hier, à l'ouverture de leur 33e Sommet, ils ont pris l'engagement de mettre tout en œuvre pour que cessent les cliquetis et crépitements d'armes sur le continent.

Le président de la Commission de l'Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, a donné le ton dans son allocution: "2020 a été proclamée l'année pour faire taire les armes sur le continent.

Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post-électorales ou encore les différends entre États ?

En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourraient être gagné".

Le président de la Commission de l'Union africaine a pris l'engagement solennel, alors que sa commission est à son dernier mandat, "de redoubler d'effort pour que la prochaine trouve une situation plus assainie et plus propice à de nouveaux exploits sur la voie tracée par l'Agenda 2063, pour une Afrique pacifique, unie et prospère". Il a aussi indiqué qu'il faut des solutions africaines aux crises africaines.

Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations-unies, Antonio Guterres, l'a fait remarquer, faire taire les armes n'est pas un défi insurmontable. Il en veut pour preuve les résultats déjà obtenus.

"En ce qui concerne l'initiative visant à faire taire les armes, l'année écoulée a été marquée par un certain nombre de succès qui témoignent de la force et de notre partenariat.

Nous avons entrepris ensemble, avec, un grand succès, des missions de médiation et de bons offices à travers le continent, notamment en soutien au processus électoraux. Et nos efforts conjoints ont fait progresser la mise en œuvre d'accords de paix. Les événements récents au Soudan sont remarquables", a-t-il dit.

Antonio Guterres a réaffirmé la volonté de l'Onu à aider l'Afrique à atteindre son objectif. Pour rester collé au thème de l'année, il a, dans son allocution, évoqué la question des opérations de maintien de la paix. Selon lui, il faut passer à une autre étape.

"Même renforcé, le maintien de la paix dans sa forme traditionnelle ne suffit souvent pas, en particulier là où il n'y a pas de paix à maintenir, comme nous le voyons au Sahel. Nous avons de plus en plus besoin d'opérations d'imposition de la paix et de lutte contre le terrorisme, entreprises par l'Union africaine et appuyées par l'Onu.

L'expérience du G5 sahel montre que ces opérations doivent être mandatées par le Conseil de sécurité dans le cadre du chapitre VII de la Charte, et jouir d'un financement prévisible garanti par les contributions obligatoires. C'est évident pour le G5 sahel aujourd'hui, mais aussi pour la plus large coalition, qu'il faut bâtir pour vaincre le terrorisme en Afrique", a-t-il fait savoir.

Le Chef de l'État égyptien, président sortant de la Conférence des Chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine, a aussi indiqué que l'Égypte s'engagera fortement pour que le thème de cette année ne reste pas un vœu pieux.

L'engagement de l'Égypte se traduit concrètement par l'hébergement du centre de l'Ua pour la reconstruction et le développement post-conflit. Il a également indiqué qu'il faut des réponses africaines aux crises africaines.

Le nouveau président de la Conférence des Chefs d'État et de gouvernement de l'Ua, le numéro un sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé un sommet extraordinaire sur le thème de l'année. Au cours de celui-ci, une feuille de route sera adoptée.

Au cours de la cérémonie d'ouverture, il a également été question de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Le président de la Commission de l'Ua a indiqué que des progrès ont été réalisés. "Le troisième chantier où les progrès ont été dignes de mention, c'est l'accord sur la zone de libre-échange continentale africaine.

C'est un accord historique en ce sens qu'il consacre l'un des grands rêves des pères fondateurs de notre organisation et se situe au cœur des aspirations à l'intégration économique du continent".

Mais pour lui, le succès de ce projet phare "reste tributaire du développement des piliers de sa promotion dont les plus déterminants sont les infrastructures. Malgré les efforts fournis, un gap important reste à combler.

A cela s'ajoute la libre circulation des personnes et des biens, dont le protocole n'a été signé que par 33 États et ratifié seulement par 4 États". Il a exhorté les États qui ne l'ont pas encore fait de le faire en toute diligence.

Le nouveau président de la Conférence des Chefs d'État et de gouvernement de l'organisation panafricaine a, lui, annoncé un sommet sur la mise en œuvre de la Zlecaf qui est un véritable outil d'intégration et de développement de l'Afrique.

Il souhaite, dans ce vaste projet, la naissance d'une véritable industrie africaine avec des produits made in Africa.

L'autonomisation des femmes et des jeunes était aussi à l'ordre du jour, hier, à Addis-Abeba. Les Chefs d'État et de gouvernement sont unanimes qu'il faut donner suffisamment de moyens aux femmes et aux jeunes, moteurs de développement.

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