Cameroun: « Plus de 50% des occupants n'ont pas de contrat »

interview

Dr Ahmadou Sardaouna, directeur général de la Sic.

Quel bilan faites-vous de votre visite d'inspection dans les cités Sic et les chantiers de logements sociaux de Mbanga-Bakoko ?

Dès notre prise de fonction nous avons institué la visite de nos cités. Nous avons commencé ici à Douala et les autres villes suivront. Nous avons constaté que les instructions que nous avons données depuis septembre sont en train d'être implémentées. Beaucoup de locataires ont compris que le vivre ensemble que nous avons prôné est une bonne chose pour eux. Ils seront ainsi alignés à ce qui se fait à l'international. En même temps nous avons constaté que beaucoup veulent régulariser leur dossier pour avoir des contrats. Plus de 50% des occupants n'ont pas de contrat avec la Sic. Ceci montre que l'Etat a été spolié par beaucoup de personnes. C'est pour cela que nous aimerions que force revienne à la loi. Nous avons rencontré quelques sous-locataires préoccupés par cette irrégularité. Nous avons travaillé avec eux dans le cadre de la commission mise sur pied et avons validé certains dossiers. Nous avons donné un délai de deux mois aux autres pour se faire enregistrer. A défaut, nous prendrons des mesures appropriées en justice pour les faire partir de nos logements.

Qu'en est-il de l'entretien des bâtiments dont l'état de délabrement est avancé ?

Nous avons pris des mesures sur le plan de l'entretien de nos logements parce que comme je l'ai dit de prime abord en septembre, l'état de dégradation va à plus de 55% et il faut beaucoup de moyens pour qu'il n'y ait pas de catastrophe. Nous avons pour ambition d'auditer des immeubles témoins pour chaque cité pour une étude détaillée. Par les règles que nous avons dans la promotion immobilière nous ferons une extrapolation pour trouver le montant total que nous devons mettre en place pour réhabiliter nos logements en totalité. Ce travail ne saurait durer : ce sont nos techniciens qui vont le faire. Les populations posent aussi des problèmes d'assainissement, d'obstruction des stations d'épuration. J'ai demandé au délégué régional de prendre langue avec certains opérateurs pour qu'il y ait une convention entre la Sic et certains opérateurs qui auront pour responsabilité de décongestionner ces fosses de manière régulière en attendant que les camions hydro-cureurs que le conseil d'administration nous a accordés soient acquis. Nous avons aussi pour ambition de remplir le mandat que nous avons reçu du Minhdu couvrant les 1520 logements chinois et les 800 logements du Planut.

Le programme gouvernemental de logements sociaux accuse du retard...

S'agissant du programme gouvernemental, nous avons en effet constaté en septembre qu'il a un problème de gouvernance qui a complètement plombé ce programme cher au chef de l'Etat depuis dix ans. Nous avons donné des instructions fermes pour que les responsabilités soient d'abord partagées entre la Sic, l'Etat et les intervenants. La Sic étant une société commerçante, nous avons pour ambition de faire les travaux en régie pour achever ces logements une fois que l'autorisation sera donnée par l'Etat. Il y a quatre immeubles qui ne sont même pas sortis de fondation ici à Douala. Nous allons aussi accélérer à ce niveau pour que des entreprises capables reprennent rapidement ce dossier.

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